Royaume Uni – Dernière sortie avant l’inflation

La hausse des ventes de détail en février (+1.5%) ne doit pas faire illusion. Le marché a changé de nature depuis plusieurs mois déjà. On le voit sur le graphe ci-dessous. Depuis la forte hausse d’octobre 2016 la tendance est baissière mais reste robuste. Les ménages continuent de consommer tant que l’inflation n’est pas là.
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Cependant l’inflation pointe son nez. L’inflation sous-jacente à 2% en février est préoccupante. L’indice des prix des biens alimentaires baissait depuis le début de l’année 2014. Le repli était encore de -2.4% en octobre 2016. En février la hausse est de 0.17%. Ce n’est pas grand chose mais le retournement de l’indice est impressionnant et l’accélération des prix spectaculaire. Et c’est lié à la dépréciation de la livre sterling. Lire la suite

3 graphes sur les ventes de détail US: ne rêvons pas

Les ventes de détail du mois de septembre ont progressé de 0.6% après un repli de -0.2% en août et une hausse maigrichonne de 0.1% en juillet. Sur le trimestre la hausse n’est que de 2.9% en taux annualisé contre 6% au cours des 3 mois du printemps.
On voit bien cette rupture dans le premier graphe ci-dessous. Les 3 mesures des dépenses sont réduisent fortement en juillet, se contractent en août et reprennent modérément en septembre.
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Ce qui nous intéresse ici est la composante hors auto, essence et matériaux de construction car elle est incluse dans la construction de la consommation dans les comptes nationaux. Sur les 3 derniers mois, cet indicateur n’aura progresser qu’une fois et de seulement 0.1% en septembre. Lire la suite

Dynamique réduite avant les banques centrales – Ma chronique macroéconomique

5 points à retenir dans la conjoncture de la semaine du 12 septembre et 3 points à venir durant la semaine du 19 septembre

Point #1 L’activité manufacturière est plutôt en phase de ralentissement
Au sein des pays industrialisés, la progression quasi nulle des échanges mondiaux pèsent terriblement sur le profil des indices de production manufacturière. En conséquence et aussi parce que la dynamique de la demande interne est modeste au sein de ces pays, l’impulsion dans les échanges ne viendra pas des pays industrialisés.
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Eté morose pour la croissance américaine

Après la forte baisse de indices ISM pour le mois d’aout (voir ici et ici) il y avait aujourd’hui la publication de deux types de données importantes
Les ventes de détail sont en repli de -0.3% en août après simplement +0.06% en juillet. L’indice sous-jacent des ventes de détail est en repli de -0.1% en août comme en juillet. Dès lors l’acquis de croissance pour le troisième trimestre à la fin août n’est que de 1.8% (taux annuel) contre +6% au deuxième trimestre. Pour l’indice sous-jacent l’acquis est de seulement 0.7% après +6.9% au 2ème trimestre.
Le deuxième trimestre était exceptionnel et le risque est que ces chiffres sur dépenses des ménages n’affaiblissent fortement la contribution de la consommation à la croissance du PIB. La consommation avait été le principal support de la hausse du PIB au T2, ce ne sera sûrement pas le cas en T3.
Notre prévision de croissance du PIB de 1.4% pour l’ensemble de l’année 2016 est à risque. Ce sera peut être trop.

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Après le rebond de juillet (0.6%) l’indice de la production industrielle a reculé en août (-0.5%). Pour le seul secteur manufacturier le repli est de -0.4% en août après +0.4% en juillet. L’acquis de croissance pour le 3ème trimestre à la fin août est de 2.3% pour l’ensemble de l’industrie après un repli de -0.6% au T2. Pour le secteur manufacturier, l’acquis est de 0.7% après -1% en T2 (taux annuel).
La dynamique est limitée puisque sur un an la production industrielle se contracte de -0.7% alors que dans le secteur manufacturier la hausse n’est que de 0.1%.
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Après l’ISM et l’emploi, les ventes de détail rajoutent une touche de morosité à l’activité américaine alors que la production industrielle est neutre. Où est le risque de surchauffe qu’évoquait Eric Rosengren de la Fed de Boston la semaine dernière? C’était un été très frais pour la croissance américaine et la Fed n’a aucune raison de changer sa politique monétaire lors de sa réunion la semaine prochaine.

Royaume Uni – Les ménages dépensent sans compter

Les ventes de détail (en volume) au Royaume Uni ont reculé marginalement en août (-0.17%) après une très forte progression en juillet (1.86%). De la sorte, l’acquis de croissance pour le troisième trimestre à la fin du mois d’août est de 6% en taux annualisé.
Le premier graphe montre que la tendance des derniers mois est dans le prolongement de ce qui était observé depuis 2014.
Le deuxième graphe suggère qu’au regard des chiffres de ventes de détail du troisième trimestre, la contribution de la consommation à la croissance trimestrielle du PIB restera forte, garantissant une progression robuste du PIB.
Le Brexit n’est toujours pas là et les consommateurs en profitent (voir ici sur l’absence d’impact du résultat du référendum du 23 juin)

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La consommation n’est pas très robuste aux USA

La dynamique des ventes de détail américaine est faible en ce début d’année. En janvier, l’indice total avait reculé de -0.4% (révisé à la baisse) et en février le repli est de -0.15%. Hors auto et essence, le recul était de -0.15% en janvier et la hausse de 0.3% en février. Si l’on enlève l’auto, l’essence et les matériaux de construction (partie des ventes de détail utilisée pour construire les dépenses totales de la consommation), la hausse était de 0.2% en janvier et l’indice est stable en février. Lire la suite

L’Iran de retour sur le marché du pétrole – Ma chronique macroéconomique

8 éléments à suivre cette semaine pour comprendre la conjoncture économique mondiale

Premier pointL’Iran revient sur le marché du pétrole.
Après la levée des sanctions, l’objectif des autorités iraniennes est d’exporter 500 000 barils/jours supplémentaires immédiatement et d’ajouter le même montant dans les mois à venir. L’Iran produisait 2.7 millions de barils par jour en décembre selon Bloomberg et exportait 1.4 millions de barils contre près de 3 millions en 2011 avant les sanctions. L’objectif des autorités est de revenir au niveau d’avant sanctions.
Cette situation a d’importantes conséquences:
Elle provoque potentiellement davantage d’excès d’offre sur le marché du pétrole mondial. On voit sur le graphe que depuis la mi-2014 l’offre est déjà en excès par rapport à la demande. Cela se traduit par une forte accumulation de stocks et un marché qui ne se rééquilibre pas en ne convergeant pas vers un prix d’équilibre. Il est probable que le prix va rester bas avec l’arrivée de l’Iran
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