Interrogations sur la politique monétaire britannique

La Banque d’Angleterre (BoE) a remonté son taux de référence de 25bp à 0.5%.
L’idée derrière cette décision est double:
1 – la tendance à long terme de l’économie britannique est plus réduite que par le passé et le Brexit a accentué ce phénomène. Cela veut dire que le risque de surchauffe s’observe à un niveau plus bas que par le passé et que le niveau d’intervention de la BoE est plus bas que par le passé. Cela implique un taux d’intérêt d’équilibre plus réduit que par le passé.
Néanmoins, si le Brexit pèse dans la durée il ne crée pas de rupture selon la BoE. (ceci peut se discuter) Lire la suite

La croissance s’accélère encore en zone Euro mais attention à l’Espagne. Le Royaume Uni décroche

Les perspectives d’activité en zone Euro repartent au beau fixe en septembre. L’indice synthétique qui pondère les indices synthétiques des secteurs manufacturier et de services est au plus haut depuis avril 2011. Cela se traduira par une croissance soutenue du PIB dans la dernière partie de l’année.
L’indice synthétique du secteur manufacturier est au plus haut depuis février 2011 et l’indice synthétique des services retrouve les plus hauts du début d’année (loin néanmoins des plus haut d’avant crise).
L’activité est en croissance et l’emploi en hausse rapide. Profitons du moment pour créer des conditions d’une croissance plus forte encore dans la durée.
ze-2017-septembre-markit-pib

Le graphe compare les indicateurs composites (manuf. et services) de production des différents pays de la zone Euro plus le Royaume Uni.
La France est désormais en phase avec l’Allemagne pour tirer à la hausse la croissance de la zone Euro. L’Espagne n’est pas en reste et continue de croître rapidement. En revanche l’activité en Italie plafonne notamment sur les services.
On voit bien le rôle important de l’Espagne dans la dynamique de la zone. C’est un contributeur majeur. Il est à souhaiter qu’une issue sans rupture puisse être obtenue après les tensions du week-end de référendum. Si cela n’était pas le cas, la situation espagnole deviendrait alors plus chaotique et la zone Euro perdrait un de ses principaux moteurs et depuis longtemps. Les perspectives de la zone serait alors remises en cause. L’issue pour l’instant est incertaine et préoccupante.
Le Royaume Uni ne bénéficie plus de l’effet d’entraînement de la zone Euro. Le décrochage depuis le printemps est significatif. L’emballement de la zone Euro contraste avec le manque de réponse britannique.

ze-2017-septembre-ze-uk-composite

 

europe-activit-_25003543_b3114d7bd0241bc97f4870f39120eff460a1ddfb.png

L’économie britannique prend du retard depuis le référendum

La comparaison de l’activité industrielle au sein de l’économie européenne est très instructive lorsque l’on se cale sur la période après le référendum britannique sur le Brexit. 
En dépit de l’accélération du commerce mondial, la production industrielle britannique prend du retard sur les différents pays de la zone Euro. C’est ce que montre le graphe ci-dessous.
Le profil de l’activité industrielle en Italie survole l’ensemble des grands pays européens alors que le Royaume Uni est franchement en retard désormais notamment depuis le début de l’année 2017. L’écart est significatif avec l’indice de la zone Euro ainsi qu’avec la France, l’Allemagne et l’Espagne. Lire la suite

Royaume Uni – Faible demande interne, hausse des taux: la probabilité de récession s’accroît 

J’ai publié hier un post sur le Royaume Uni sur la version anglaise de mon blog. 
Il s’interroge sur la compatibilité de 4 éléments 

1- l’impact négatif qu’aura le Brexit sur le commerce extérieur britannique

2- la volonté de la Banque d’Angleterre de relever ses taux d’intérêt dans un futur proche

3- la situation dégradée des ménages pour lesquels le maintien de la consommation est passé par un effondrement du taux d’épargne (au plus bas depuis le début de la série en 1963) et par un recours au crédit alors que le pouvoir d’achat du revenu disponible baissait 

4- une production (production par heure de travail) qui ne s’améliore pas

Remonter les taux d’intérêt dans ces conditions c’est prendre le risque d’accroître fortement la probabilité de récession 

Le post est disponible ici