Le risque britannique

La croissance du premier trimestre va franchement ralentir au Royaume Uni. Les dépenses des ménages se sont contractées de façon spectaculaire en raison de l’accélération de l’inflation et notamment de la hausse des prix des produits alimentaires, pénalisant ainsi le pouvoir d’achat.
La consommation qui a un champs plus large que les ventes de détail devrait nettement ralentir voire se contracter légèrement.
Il s’agit ici des premiers effets du Brexit via l’effritement du  pouvoir d’achat du consommateur. C’est la première étape
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Brexit – L’heure du choix – Dans « l’économie en questions » sur France Culture

Vous trouverez le podcast de l’émission de France Culture « L’économie en questions » animée par Dominique Rousset
Les invités étaient: Catherine Mathieu de l’OFCE; Marc Guillaume membre du cercle des économistes et Philippe Waechter
https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=a0d6bd11-b1d0-46dd-82ba-7952e0610c51

Royaume Uni – Dernière sortie avant l’inflation

La hausse des ventes de détail en février (+1.5%) ne doit pas faire illusion. Le marché a changé de nature depuis plusieurs mois déjà. On le voit sur le graphe ci-dessous. Depuis la forte hausse d’octobre 2016 la tendance est baissière mais reste robuste. Les ménages continuent de consommer tant que l’inflation n’est pas là.
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Cependant l’inflation pointe son nez. L’inflation sous-jacente à 2% en février est préoccupante. L’indice des prix des biens alimentaires baissait depuis le début de l’année 2014. Le repli était encore de -2.4% en octobre 2016. En février la hausse est de 0.17%. Ce n’est pas grand chose mais le retournement de l’indice est impressionnant et l’accélération des prix spectaculaire. Et c’est lié à la dépréciation de la livre sterling. Lire la suite

France-Royaume Uni – Pas la même monnaie mais le même profil industriel

Post Hoc Ergo Propter Hoc
L’appartenance à la zone Euro est il un handicap pour l’activité industrielle? C’était une question posée lors du débat sur les présidentielles françaises.
Effectivement la France, l’Espagne et l’Italie ont un décalage vis à vis de l’Allemagne. Cela ne serait que la conséquence majeure de l’appartenance à la zone Euro.
Plus tard dans le débat il a été évoqué la performance exceptionnelle du Royaume Uni.
Pourtant lorsque l’on regarde la production industrielle de la France et du Royaume Uni on constate que le profil est le même malgré la non-appartenance du Royaume Uni à la zone Euro.
Le profil de l’économie française ne se lit pas qu’au travers son appartenance à la zone Euro. La question est plus complexe qu’une tirade sur une estrade car l’économie est tout sauf simpliste.

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Le pouvoir d’achat ralentit au Royaume Uni

La situation pour le salarié britannique devient plus complexe. L’accélération de l’inflation est en train de combler l’écart avec la hausse des salaires (graphe 1). De la fin 2009 à la fin 2014 les salariés anglais avaient perdu du pouvoir d’achat. Ils n’ont toujours pas retrouvé celui d’avant la crise (graphe 2).
Si le Brexit qui va démarrer est un choc persistant alors la dynamique des salaires nominaux sera faible et le risque est à la perte de pouvoir d’achat. La demande interne sera durablement affectée. Cela viendra en complément du choc négatif persistant sur les exportations après la rupture avec l’UE et le changement de règles sur les exportations britanniques. Cela va être compliqué au Royaume Uni.
Graphe 1
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Graphe 2
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Plus grande homogénéité de la croissance – Ma chronique macroéconomique

6 points à retenir pour suivre la conjoncture globale la semaine dernière

Point #1 – La croissance se stabilise
On dispose maintenant du chiffre de croissance des principaux pays industrialisés pour 2016. On note qu’il y a une certaine homogénéité en 2016 que l’on ne connaissait pas au début de la décennie. Cela résulte d’une plus grande prévisibilité des politiques économiques et de la possibilité pour les agents privés (ménages et entreprises) d’ajuster leur comportement à leurs propres contraintes et non pas à des aléas liés à la politique économique. En outre, le niveau des taux d’intérêt et le prix du pétrole ont aussi aidé grandement à cette amélioration. Lire la suite