BCE, Politique Monétaire, Allemagne – Ma chronique du lundi

Mario Draghi est un cachottier. Lors de sa dernière conférence de presse , il n’avait pas indiqué le changement de communication que la Banque Centrale Européenne s’apprête à mettre en œuvre à partir du mois de janvier.
La BCE prend enfin en compte la robustesse du cycle économique et sa communication doit s’ajuster à cette inflexion. C’est plutôt une bonne nouvelle, car jusqu’à présent elle donnait le sentiment d’être toujours en mode de réaction face à un environnement qui pourrait se dégrader rapidement. Ce changement renforce la confiance que l’on peut avoir dans l’ampleur du cycle économique et dans sa durée. L’autre point souligné par la BCE est de ne plus se focaliser uniquement sur l’inflation mais d’avoir une communication plus large. Implicitement la BCE élargit son mandat mais dans les faits c’est ce qu’elle faisait déjà. Depuis le début de l’euro en 1999 la BCE cale son intervention sur le cycle économique plutôt que sur l’inflation.  Le graphe ci-dessous retrace l’indice synthétique calculé par Markit et la différence sur 5 mois du taux de refi de la BCE. Les changements de ce dernier sont clairement calés sur les inflexions du cycle et pas tant que cela sur l’inflation.
La BCE renoue avec son comportement d’avant la crise de 2007. Lire la suite

Réformons maintenant que cela va mieux, c’est le moment

Puisque tout va mieux en zone Euro maintenant, il est temps de tout bouleverser.
La longue période de croissance médiocre depuis 2011 s’est traduite par une baisse de la croissance potentielle. Le chômage élevé et le manque d’investissement ont fragilisé les ressorts de l’expansion européenne. La zone Euro n’a plus la même capacité qu’avant la crise de 2008 à croître au rythme de 2% en moyenne. Actuellement, 2% apparaît comme proche du point haut du cycle économique. Pour la France l’effet est encore plus marqué. D’environ 2% en moyenne avant la crise, la croissance sera au top à 1.8% en 2017. Ces chiffres et ceux de 2018 sont proches du pic du cycle et l’on doit s’attendre à ce que la croissance s’infléchisse à partir de 2019. Le rôle de la politique économique doit être de permettre une amélioration de la croissance potentielle afin de rester sur une croissance plus forte dans la durée.

Des axes majeurs de réflexion. Lire la suite

Sur l’état de l’Union Monétaire

Publication synthétique de Thomas Philippon (NY University) sur l’état de l’Union Monétaire Européenne.
Il y distingue des temps différents selon que l’on s’intéresse à la crise financière, la crise économique ou la crise politique. Ces trois dimensions se chevauchent mais ne s’inscrivent pas dans la même durée.
Il suggère d’aller plus vite sur l’Union Bancaire et l’union des marchés de capitaux mais aussi de créer des Eurobills afin d’éviter tout dysfonctionnement du marché monétaire.