L’économie américaine change d’allure et c’est préoccupant – Ma chronique du lundi

L’économie américaine est elle sur une allure susceptible d’engendrer d’importants déséquilibres au risque de dérégler le cycle actuel et de générer une inflexion significative de l’activité?

L’ajustement brutal des marchés boursiers reflète les interrogations des investisseurs sur l’évolution à venir de la macroéconomie globale et de celle des Etats-Unis en particulier. Ils ont d’abord été sensibles au changement de ton de la Federal Reserve quant à l’évolution à venir de l’inflation. Celle-ci convergerait vers la cible de la banque centrale à 2% et s’y maintiendrait durablement. Puis la hausse du taux de salaire a validé cette idée d’une pression nominale même si la mesure de 2.9% au mois de janvier traduit probablement un effet lié à la réduction des heures travaillées en raison des intempéries. Enfin, le changement à la tête de la banque centrale américaine a engendré une incertitude supplémentaire. Janet Yellen avait bien piloté l’économie américaine, Jay Powell aura-t-il le même talent ?

J’ai écrit déjà sur ces questions et un papier qui sera publié sur Forbes.fr précisera mon point quant aux incertitudes liées à l’arrivée de Powell. Cependant, au-delà de ces éléments, de nouvelles interrogations s’ouvrent concernant l’économie américaine.
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USA – Les entreprises au bord de la crise de nerfs?

L’abandon du plan santé par les Républicains aux Etats-Unis crée les conditions pour un retournement conjoncturel.
La logique est simple.
1 – On constate depuis Janvier 2015 une inflexion dans les indicateurs d’activité. J’avais déjà noté ce point iciLe profil de la production industrielle et celui de la production manufacturière marquent une inflexion significative en janvier 2015. On l’observe aussi sur les taux d’utilisation des capacités de production.(voir les graphes en fin de post)
En d’autres termes, la dynamique macroéconomique n’est pas euphorique outre-Atlantique.
2 – Les enquêtes auprès des chefs d’entreprise sont, elles, euphoriques. L’indice ISM du secteur manufacturier est cohérent avec une croissance très solide et très dynamique. L’indice NFIB des PME est quasiment à son plus haut historique après une rupture à la hausse en décembre. Ces indices sont en décalages avec les indicateurs d’activité. Sur ce point, on observe un décalage très net entre l’indice ISM du secteur manufacturier et l’indice (CFNAI) calculé par la Fed de Chicago et synthétisant l’évolution de 85 variables réelles.(graphes en fin de post) Lire la suite

Mon article: « The World Has Changed, …. »

Vous trouverez ci-dessous le lien vers un article « The World Has Changed, and There Is a Need for Proactive Fiscal Policies » que j’ai publié dans la revue « International Banker » en janvier. Il analyse la dynamique conjoncturel et le déséquilibre des politiques économiques mises en oeuvre.

« There is an economic and political malaise in many developed countries. For most of them, their growth profile is lower than what it was before the 2007/2008 crisis. In the US, the trend growth is marginally above 2 percent, and this cycle is the weakest since World War II. And even if the unemployment rate is low, close to full employment, the perception is that there are still rooms for improvement, but in an environment without wage pressures. This is a new situation….« 

Lire ici 

La conjoncture française plate comme le dos de la main

J’aime bien ce graphe publié par l’INSEE car il traduit bien la dynamique de l’économie française.
Après une longue période durant laquelle l’activité se contractait ou progressait à un rythme nettement plus faible que sa moyenne de long terme, il y a eu une accélération de septembre 2014 à septembre 2015. C’est la période du « ça va mieux ». L’indice repasse alors au-dessus de sa moyenne de long terme. Lire la suite

Quels profils de croissance anticiper ?

La dynamique de croissance des pays développés a changé avec la crise. Le régime de croissance n’est plus comparable. La longueur de la crise a provoqué une dynamique de l’investissement plus limitée de telle sorte que la dynamique de l’emploi est plus réduite et que la croissance potentielle est franchement affectée à la baisse. Elle est probablement voisine de 1% en zone Euro désormais contre une tendance de 2% avant la crise. C’est très insuffisant pour disposer d’un marché du travail créant de nombreux emplois mais aussi pour financer le modèle social.

Sur le graphe on observe que la croissance sur 5 ans est plus faible que le rythme observé avant 2007. Seule l’Allemagne a une dynamique de croissance similaire, sa demande interne n’a pas été affectée par la rupture de 2008/2009 qui caractérise tous les autres pays industrialisés.
Pour tous les autres, Lire la suite

Le graphe qui me préoccupe beaucoup: mise à jour

Dans une série de posts récente (voir ici, ici et ici) je m’inquiétais du profil de l’économie mondiale.
Le point que j’y développais était le suivant:
Le commerce mondial a une évolution trop lente et atypique par rapport à ce qui était observé par le passé. La raison principale était l’absence de moteur de croissance susceptible de tirer à la hausse l’économie globale. Les Etats-Unis et plus récemment la Chine avaient joué, dans le passé, ce rôle d’impulsion de l’activité capable de caler la trajectoire de l’économie mondiale sur un niveau élevé.
Actuellement, les Etats-Unis et la Chine n’ont plus les moyens ni les capacités de tenir ce rôle. L’Europe, qui est en phase de reprise modérée, n’est pas spontanément susceptible de créer ce type d’impulsion.
De la sorte, même si les échanges restent à un haut niveau, il n’y a pas d’impulsion génératrice d’une croissance durable des échanges. Lire la suite