A nouveau sur le PIB par tête

Mon post d’hier (ici), sur le PIB par tête au Royaume Uni, a suscité pas mal de réactions .
Quelques éléments de réponse
1 – Je n’ai pas indiqué qu’il y avait une causalité entre l’adhésion du RU à l’UE et le profil de sa croissance. J’indique simplement que par rapport à ses principaux partenaires commerciaux et compétiteurs le RU n’avait pas été pénalisé par son appartenance à l’UE contrairement à ce qu’indiquait Boris Johnson. La croissance du PIB par tête y était supérieure à celle observée notamment aux Etats-Unis et au Japon.
2 – Par rapport aux pays européens non membres de l’UE, le Royaume Uni Lire la suite

Le Royaume Uni a profité de l’UE, la France est en retard

La Grande Bretagne a beaucoup gagné depuis son adhésion à l’Union Européenne en 1973. Les zélateurs du Brexit suggèrent que l’UE est un cauchemar pour la croissance. Vérifions en regardant l’évolution du PIB par tête depuis 1973 *.
Pour la comparaison j’ai pris les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, la France et l’Italie.
On constate que depuis 1973, le PIB par tête au Royaume Uni a progressé de 102% alors qu’au Japon et en Allemagne il n’augmentait que de 99% et de seulement 97% aux USA. On notera aussi que pour la France le PIB par tête n’a augmenté que de 74% et pour l’Italie de seulement 65%. Lire la suite

1 graphe pour comprendre le vote grec

Le vote grec demain 25 janvier va probablement être remporté par Syriza.
Le graphe montrant le PIB par tête grec en % du PIB de l’Union Européenne explique à lui seul le vote contestataire et la volonté de trouver une autre voie.
Jusqu’au début des années 2000 le PIB par tête grec représentait de 65 à 70 % du PIB par tête de l’Union Européenne. Dans les années 2000 cette proportion est montée à plus de 85% sous l’impulsion des aides européennes. L’investissement productif et la productivité ne validaient pas cette progression très rapide.
L’ajustement via les plans d’austérité a fait reculer ce PIB par tête de façon spectaculaire. Le repli a été d’une rapidité incroyable. En 2014, le niveau est plus faible qu’avant la mise en place de la zone Euro.
Dès lors pourquoi les grecs continueraient ils à voter pour le parti au pouvoir?

Ce graphe dit aussi que la dette publique grecque qui est sur une trajectoire insoutenable ne pourra pas être ajustée via un effort supplémentaire des citoyens grecs. Il faudra que cette dette soit négociée avec les institutions européennes qui la détiennent presque en majorité.
Grece-PIBpar tete

Austérité à la Française

Les discussions autour de l’austérité en France sont confuses. Elles ne discernent pas systématiquement la question du rééquilibrage des finances publiques et celle de la croissance. Et même s’il existe des liens entre les deux les questions doivent être posées séparément. La confusion est accentuée par la polémique vaine sur l’enjeu des politiques de demande ou d’offre. Mario Draghi a, la semaine dernière à Jackson Hole, répondu clairement à cette question en indiquant que la temporalité des deux politiques n’étant pas identique, les deux étaient complémentaires au regard de la situation de la zone Euro (voir ici).

Dans les discussions sur l’austérité, la difficulté est que tous les acteurs de l’économie ne sont pas soumis aux mêmes contraintes. Il y a trois points à regarder: celui des dépenses de l’Etat et de leur contribution à la croissance; celui de la croissance et enfin celui de la demande privée.(*)

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La Grèce – Comparaison en 3 graphes

Ce matin dans le journal Libération, Florent Latrive (@latrive) publiait un billet sur la Grèce en soulignant par 4 graphes « la grande purge subie par la Grèce ». (lire l’article ici)
J’ajouterais volontiers trois graphes pour faire une comparaison de la Grèce avec les USA, une autre de la Grèce avec elle-même dans le temps et une dernière avec l’Espagne et le Portugal..
La Grèce et les Etats-Unis
Le premier graphe présente le profil du PIB (mesure de l’activité économique) de la Grèce de 2008 à 2013 et le profil de celui des Etats-Unis de 1929 à 1934. Lire la suite