Quel est le prochain cygne noir?

La chute du prix du pétrole depuis la mi-2014 révèle des déséquilibres majeurs qui pourraient être à l’origine de ruptures à venir pour l’économie globale. C’est ce que suggère Marcello Minenna lorsqu’il se penche sur la situation de l’Arabie Saoudite.
En 2011 son solde budgétaire est excédentaire (20% du PIB), ses réserves de changes sont de 700 Milliards de dollars et sa dette publique est nulle. Mais après la baisse du prix du pétrole, son déficit public est de 16% du PIB en 2015, ses réserves de changes sont inférieures à 600 Milliards et sa dette publique est de l’ordre de 10% du PIB.
Peut on dans ses conditions anticiper une stratégie de remontée des prix du pétrole alors que l’économie globale est peu dynamique?

La réponse de Marcello Minenna
Saudi Arabia: The Next Black « Swan » For The Global Economy

Just two weeks ago, the Saudi government announced that in September it will hit the international bond markets with a Dollar denominated issue. In the Kingdom’s history, this is the first foreign debt issue. Incredible though it may appear, the sheiks, holders of the world’s largest oil reserves, appear cash-starved. The Saudi monarchy that in 2011 was achieving an astounding fiscal surplus of 20% of GDP with zero public debt and sitting on over $700 billion of foreign reserves, has markedly seen its fortunes go into reverse since the oil price collapse in mid-2014. In 2015 the surplus morphed into a nasty deficit of up to 16% of GDP, public debt climbed to 10% while the currency reserves declined to below $ 600 billion. The Kingdom enacted even a few cuts in public expenditures, a measure unheard-of in the land of a guaranteed lifetime employment in the government sector.

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Baisse durable du prix du pétrole

Verbatim de ma chronique de ce matin

Le prix du pétrole au-dessous de 65 dollars est au plus bas depuis juillet 2009.
La publication d’un rapport de l’OPEP sur ses anticipations de demande et un rapport sur les stocks de pétrole aux USA, plus élevés qu’attendus, ont fait pressions à la baisse sur les prix de l’or noir.

Le rapport de l’OPEP indique une anticipation de la demande plus faible que ce qui était attendu il y a encore quelques semaines. La demande revient au niveau de 2004.Cette référence est intéressante car elle porte sur une période antérieure au développement rapide de la Chine.
Durant la première décennie des années 2000 et notamment sur sa deuxième moitié les prix des matières premières ont été largement orientées, conditionnées par la demande chinoise. Lire la suite

Trois graphes sur la demande mondiale de pétrole

(Une erreur s’était glissée dans le premier graphique dans la partie grisée. Elle a été corrigée sur le graphe et sur le document associé.)

La dynamique du marché du pétrole a changé. Le poids des pays émergents dans la demande de pétrole est aujourd’hui au moins équivalent à celui des pays industrialisés. Ce bouleversement reflète le changement d’équilibre de l’économie mondiale au cours des premières années du 21ème siècle. Au regard de l’évolution de ce marché et en raison de ce qu’il reflète en termes d’activité économique, il traduit bien un changement dans le rapport de force entre pays industrialisés et émergents.

C’est une mesure pas une explication mais elle permet de mieux appréhender le monde qui change. En outre le rôle majeur de la demande des émergents implique un prix dépendant davantage de leur comportement que de celui des pays industrialisés. Cette dépendance est nouvelle depuis le milieu de la première décennie des années 2000. La longue période de croissance limitée des pays industrialisés a renforcé ce phénomène et peut aussi permettre de comprendre la volonté américaine de développer le gaz et le pétrole de schiste pour se soustraire au moins partiellement à cette contrainte. Lire la suite