Fed: retour à une stratégie de wait and see

Le discours de Janet Yellen ce 6 juin était très attendu (voir ici). Sa lecture ne permet pas d’imaginer une hausse imminente du taux de référence de la Fed. Les taux d’intérêt seront plus élevés dans le futur mais pas immédiatement.
Le propos commence sur une note plutôt positive sur l’évolution de l’économie américaine. Puis progressivement les fragilités et les incertitudes apparaissent, occupant tout le paysage. On perçoit alors que ce n’est pas encore le moment. Quand sera-ce le moment? Janet Yellen se garde bien de donner un repère si ce n’est lorsque l’inflation convergera vers 2%. Cela peut prendre du temps et Yellen indique qu’il n’y a pas d’urgence.

Le point préoccupant dans le discours est que la présidente de la Fed espère la convergence de l’inflation vers 2% en raison de la stabilisation du prix du pétrole et la stabilisation du billet vert. Pour le premier sa contribution négative  à l’inflation sera plus réduite avec un prix plus élevé. Pour le second l’appréciation du dollar avait importé de la désinflation. La stabilisation de la monnaie américaine ne sera pas un facteur pénalisant pour converger vers 2%.
En d’autres termes, en dépit d’une politique qui reste accommodante, l’inflation ne dépend en rien de données domestiques selon Yellen. La hausse du taux de salaire pourrait être un facteur de convergence mais pas tout de suite.
Peut on dès lors supposer une quelconque efficacité de la politique monétaire? Comment aussi imaginer qu’en raison de la politique monétaire l’inflation convergera vers 2%.
La Fed est aussi perdue que les autres mais le montre moins.

Yellen donne rendez vous le 6 juin

Il faudra attendre le 6 juin et le prochain discours de Janet Yellen pour y voir plus clair sur la politique monétaire de la Fed. L’intervention de Yellen à Harvard était très attendue. Depuis une dizaine de jours la possibilité d’une remontée des taux de la Fed s’est accrue. C’est après la publication des minutes de la réunion d’avril du comité de politique monétaire de la Fed mais aussi dans les propos d’Eric Rosengren (patron de la Fed de Boston) et ceux de Will Dudley (patron de la Fed de New York) que l’opinion a changé. La banque centrale pourrait relever ses taux en juin ou plus probablement en juillet (la réunion de juin est une semaine avant le référendum sur le Brexit). L’intervention de Yellen était attendue pour confirmer ou infirmer ces anticipations. Elle n’a pas pris position. Il s’agissait de la remise d’un prix à la présidente de la Fed et une discussion avec Greg Mankiw. Rien de tranchant n’en est sorti si ce n’est qu’une hausse des taux était possible dans les prochains mois ( voir ici).

Mon attente sur la Fed

Je pense que la Fed fera 25bp ce soir. Janet Yellen l’a évoqué notamment lors de son intervention au Congrès début décembre (voir ici).
Le plus important sera le discours associé. Je pense que le propos préliminaire de Yellen sera le plus important. Il est plus libre que le communiqué de presse.
Il y aura bien sûr après la conférence de presse et la discussion avec les journalistes qui précisera certains points.
Pour moi l’économie américaine n’est pas en phase d’accélération. Je pense que l’économie ralentira probablement dans la deuxième partie de l’année 2016. Pour moi le retournement du taux d’utilisation des capacités de production depuis janvier 2015 est un élément clé pour appréhender ce changement de tendance. Il a 18 mois d’avance sur le retournement du taux de chômage. (Voir ici) Il n’y a toujours pas de tensions nominales même lorsque le taux d’inflation (version CPI) sous-jacent est à 2% car il s’explique principalement par le logement.
Dès lors il n’y a pas de raison d’accentuer à la hausse la remontée des taux alors que le dollar est cher. Je pense qu’il y aura 2 hausses de taux en 2016. C’est ce type d’information que l’on cherchera dans les propos de la présidente de la Federal Reserve.

Les décisions de politique monétaire selon J.Yellen

Le mode de décision de la Fed, version Janet Yellen, est présenté dans cet article du Washington Post. L’article montre le rôle décisif et majeur du président de la Fed pour orienter la politique monétaire et déterminer les orientations à prendre.
D’une manière ou d’une autre cet article suggère bien que la décision prise est finalement celle relevant du president de la Fed.

L’article est ici

La Fed veut reprendre la main

Verbatim de ma chronique du jour

La posture de la Fed est plus complexe qu’il n’y parait.
Lors de sa conférence de presse Janet Yellen a indiqué 4 points :
le premier est que la Fed souhaite retrouver des marges de manœuvre même si la croissance n’est pas excessive,
le deuxième est que les décisions de politique monétaire restent dépendantes des données économiques,
le troisième est qu’elle ne s’attend pas à une accélération de l’inflation mais simplement à une convergence vers la cible de 2% à moyen terme.
Le dernier point est que le profil de la hausse des taux attendue, restera très bas et ne traduira en aucun cas une urgence résultant d’une correction après une période prolongée de taux d’intérêt trop bas. Car la Fed ne renie pas la nécessité qu’il y a eu et qu’il y a encore d’avoir des taux d’intérêt proches de 0%.

L’exercice est plus compliqué qu’il n’y parait Lire la suite