La crise est elle toujours d’actualité? (version in extenso)


Oui…
En tout cas, c’est la réponse faite par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité de politique monétaire le 7 septembre dernier. Il indique ainsi la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante afin d’être encore un soutien à l’activité en dépit d’une reprise récente de la croissance. Cependant, l’économie n’arrive pas à retrouver le chemin d’une inflation plus élevée et cela traduit l’existence encore d’un déséquilibre.

De façon plus générale, je crois que l’économie mondiale, notamment la partie des pays occidentaux, est toujours dans une phase de crise si celle-ci se définit comme la période de transition entre deux trajectoires stables.
Je ne parle pas ici de crise financière résultant d’un abus de crédit pour financer l’accumulation d’un bien. Ces crises financières, comme celle de 2007/2008, existent depuis toujours.
Au-delà de cet aspect financier, deux sources majeures de déséquilibres se distinguent.  Ces sources persistent et maintiennent l’économie globale dans une configuration de crise. Lire la suite

La crise est elle toujours d’actualité?

Oui…
En tout cas, c’est la réponse faite par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité de politique monétaire le 7 septembre dernier. Il indique ainsi la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante afin d’être encore un soutien à l’activité en dépit d’une reprise récente de la croissance. Cependant, l’économie n’arrive pas à retrouver le chemin d’une inflation plus élevée et cela traduit l’existence encore d’un déséquilibre.

De façon plus générale, je crois que l’économie mondiale, notamment la partie des pays occidentaux, est toujours dans une phase de crise si celle-ci se définit comme la période de transition entre deux trajectoires stables. …..

Lire la suite de ma chronique hebdomadaire pour Forbes ici

Robots, changements technologiques et emploi – Partie II

Cet article a été publié initialement, le 10 mars, sur le site de Forbes, sous le titre: «L’Innovation et l’Emploi – Partie II», il est disponible ici.

Il est reproduit ci-dessous in-extenso

Cette fois, c’est différent. C’est souvent comme cela que sont désormais perçus les effets des innovations sur l’économie et l’emploi. La lecture plutôt déterministe que je faisais dans ma dernière chronique (lire ici) est-elle à oublier ou ce cadre est-il toujours le bon ? En d’autres termes, est-ce que les innovations et l’emploi sont, in fine, complémentaires, c’est la leçon de l’histoire vue par Alfred Sauvy et c’est aussi ce que suggérait le petit modèle développé par Paul Krugman, ou existe-t-il des risques pour que l’impact des innovations soit durablement négatif pour l’emploi ?

Sur de nombreux sujets, la caractéristique « cette fois, c’est différent » ne fonctionne pas et c’est pour cela qu’il faut s’en méfier. Carmen Reinhart et Kenneth Rogoff ont écrit un livre remarquable sur cette thématique appliquée aux crises financières (« Cette fois, c’est différent : Huit siècles de folie financière » Pearson – Septembre 2010). Ils suggèrent que, dans les crises financières, ce n’est jamais franchement différent même si sur le moment chacun, emporté par son élan, y voit une rupture de l’histoire. Lire la suite

Robots, changements technologiques et emploi – Partie II – Ma contribution pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur les relations entre innovation et emploi à l’heure de l’intelligence artificielle

Cette fois, c’est différent. C’est souvent comme cela que sont désormais perçus les effets des innovations sur l’économie et l’emploi. La lecture plutôt déterministe que je faisais dans ma dernière chronique (lire ici) est-elle à oublier ou ce cadre est-il toujours le bon ? En d’autres termes, est-ce que les innovations et l’emploi sont, in fine, complémentaires, c’est la leçon de l’histoire vue par Alfred Sauvy et c’est aussi ce que suggérait le petit modèle développé par Paul Krugman, ou existe-t-il des risques pour que l’impact des innovations soit durablement négatif pour l’emploi ?

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Robots, changements technologiques et emploi – Partie I – Ma contribution pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur les relations entre innovation et emploi à l’heure de l’intelligence artificielle

La question des robots et de l’emploi a surgi dans la campagne électorale française. Le candidat Benoît Hamon a largement évoqué cette question sous deux angles. D’abord sous celui de la pénurie d’emplois provoquée par la robotisation de l’économie. Il en découle la nécessaire mise en œuvre d’un revenu universel pour compenser cette pénurie sur le revenu des français. Le second point est celui de taxer les robots afin de financer le modèle social et l’éducation. Je développerai ces aspects en trois contributions successives. La première est historique sur la relation entre innovation et emploi, la seconde portera sur l’introduction de l’intelligence artificielle et la troisième contribution s’interrogera sur la question de la taxation des robots et sur la question majeure de savoir qui les détient.
La suite est à lire ici

Quels profils de croissance anticiper ?

La dynamique de croissance des pays développés a changé avec la crise. Le régime de croissance n’est plus comparable. La longueur de la crise a provoqué une dynamique de l’investissement plus limitée de telle sorte que la dynamique de l’emploi est plus réduite et que la croissance potentielle est franchement affectée à la baisse. Elle est probablement voisine de 1% en zone Euro désormais contre une tendance de 2% avant la crise. C’est très insuffisant pour disposer d’un marché du travail créant de nombreux emplois mais aussi pour financer le modèle social.

Sur le graphe on observe que la croissance sur 5 ans est plus faible que le rythme observé avant 2007. Seule l’Allemagne a une dynamique de croissance similaire, sa demande interne n’a pas été affectée par la rupture de 2008/2009 qui caractérise tous les autres pays industrialisés.
Pour tous les autres, Lire la suite