La Fed, la BCE: 2 politiques monétaires qui ne convergent pas

Voici la version in extenso de ma chronique publiée sur Forbes.fr et qui est disponible ici

La dynamique actuelle des politiques monétaires est fascinante. La Federal Reserve (la Fed), la banque centrale des Etats-Unis, vient d’annoncer la mise en place à la fin de l’année d’une stratégie en rupture avec celle mise en œuvre depuis décembre 2008. La Fed sortirait enfin de la crise financière qui a débuté en 2007/2008. De son côté la Banque Centrale Européenne (BCE) maintient le cap d’une politique très accommodante dans la durée. La zone Euro n’est pas, elle, capable de réduire les béquilles monétaires qui ont suivi la crise de 2008 et celle de 2012.

Il y a plusieurs points de divergence entre les deux géants économiques. Lire la suite

3 points à noter sur la conjoncture en zone Euro et aux USA

L’inflation ralentit en zone Euro
L’inflation a baissé rapidement en mars puisqu’elle s’est inscrite à 1.5% contre 2% en février. Ce mouvement de repli s’observe au sein de tous les pays de la zone comme le suggère le graphe.
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On voit sur le graphe spécifique à la zone Euro que l’inflation sous-jacente recule également. C’est ce point qui a provoqué un repli plus important qu’attendu du taux d’inflation. Cela n’a pas été qu’un phénomène lié à l’énergie. Lire la suite

Royaume Uni – Dernière sortie avant l’inflation

La hausse des ventes de détail en février (+1.5%) ne doit pas faire illusion. Le marché a changé de nature depuis plusieurs mois déjà. On le voit sur le graphe ci-dessous. Depuis la forte hausse d’octobre 2016 la tendance est baissière mais reste robuste. Les ménages continuent de consommer tant que l’inflation n’est pas là.
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Cependant l’inflation pointe son nez. L’inflation sous-jacente à 2% en février est préoccupante. L’indice des prix des biens alimentaires baissait depuis le début de l’année 2014. Le repli était encore de -2.4% en octobre 2016. En février la hausse est de 0.17%. Ce n’est pas grand chose mais le retournement de l’indice est impressionnant et l’accélération des prix spectaculaire. Et c’est lié à la dépréciation de la livre sterling. Lire la suite

BCE – Un jour, l’inflation reviendra en zone Euro

Le risque de déflation disparaît selon la BCE mais l’inflation tarde à revenir. Le miracle c’est un taux d’inflation sous-jacent à 1.8% en 2018. C’est toujours sous la cible de la BCE inscrite à 2%. La croissance tendancielle reste à 1.6% avec une pression cyclique en 2017 avec une expansion de 1.8%.
Six ans après le début du cycle en 2013, il y a toujours peu de pressions en zone Euro. Est ce un succès de la politique économique? Pas sûr – La politique monétaire tarde à créer des pressions inflationnistes et la politique budgétaire ne tire pas la croissance franchement à la hausse.

Les 3 graphes ci dessous présentent les prévisions de la BCE pour les données de 2015 jusqu’à 2019. Lire la suite

Plus grande homogénéité de la croissance – Ma chronique macroéconomique

6 points à retenir pour suivre la conjoncture globale la semaine dernière

Point #1 – La croissance se stabilise
On dispose maintenant du chiffre de croissance des principaux pays industrialisés pour 2016. On note qu’il y a une certaine homogénéité en 2016 que l’on ne connaissait pas au début de la décennie. Cela résulte d’une plus grande prévisibilité des politiques économiques et de la possibilité pour les agents privés (ménages et entreprises) d’ajuster leur comportement à leurs propres contraintes et non pas à des aléas liés à la politique économique. En outre, le niveau des taux d’intérêt et le prix du pétrole ont aussi aidé grandement à cette amélioration. Lire la suite

Le monde change radicalement – Ma Chronique macroéconomique

Voici les différents points à suivre cette semaine dans la conjoncture économique

Point #1 – Le protectionnisme au coeur du discours d’investiture de Donald Trump
Lors de son discours d’investiture, Donald Trump a mis l’accent sur des objectifs purement politiques. L’économie apparaît comme un moyen des options politiques prises même si cela oblige à réécrire l’histoire américaine. (Le discours est disponible ici en français texte-integral-du-discours-dinvestiture-de-donald-trump-shareamerica )

L’ensemble de son discours d’investiture est marqué par l’opposition à ce qui pourrait faire dépendre les Etats-Unis du reste du monde. Les options protectionnistes de ce discours résultent de cette hypothèse. Ce qu’il en ressort est l’idée selon laquelle le commerce mondial serait un jeu à somme nulle. Ce qui n’est pas fait aux Etats-Unis est fait au détriment des Etats-Unis. « Ce que tu gagnes, je le perds »
Le discours protectionniste est donc de faire de telle sorte que les Etats-Unis prennent la part du gâteau la plus importante qui soit. Pour cela la thématique « acheter américain et embaucher américain » fonctionne bien.
Sauf que cela est faux. Le commerce mondial n’est pas un jeu à somme nulle. Lire la suite