La politique monétaire américaine de retour – Ma chronique macroéconomique

6 éléments à suivre cette semaine dans la conjoncture globale

Point #1La politique monétaire américaine à nouveau au cœur des discussions
La publication des minutes de la réunion de la Fed des 26/27 avril a remis au goût du jour la possibilité d’une remontée des taux de la Fed lors de sa réunion des 14 et 15 juin.
Alors que le communiqué à la suite de la réunion d’avril était plutôt neutre (voir ici par exemple), les minutes suggèrent qu’un grand nombre de membres du comité de politique monétaire est prêt à durcir le ton si les conditions économiques s’y prêtent.
La phrase sur laquelle tous les économistes se sont penchés est la première partie surligné de la citation suivante:
« Most participants judged that if incoming data were consistent with economic growth picking up in the second quarter, labor market conditions continuing to strengthen, and inflation making progress toward the Committee’s 2 percent objective, then it likely would be appropriate for the Committee to increase the target range for the federal funds rate in June. Lire la suite

Le choc brutal et violent sur l’activité en Grèce

La crise grecque, faite d’incertitudes fortes quant au devenir de la Grèce au sein de l’Europe mais aussi de contraintes majeures avec la fermeture des banques, s’est traduite par une baisse profonde de l’activité en juillet.
L’enquête Markit pour le mois de juillet montre une chute sans précédent de l’activité manufacturière. Le niveau de l’indicateur (30.2) est au plus bas historique. La récession de 5 ans va donc se prolonger. La rupture est bien plus marquée que lors de la récession de 2008/2009.C’est ce que l’on voit sur le graphe ci-dessous. L’impact sur le profil du PIB va être absolument spectaculaire. Lire la suite

Quelques points sur l’accord qui me posent un problème.

Le document en format pdf est FlashMarches_13_07_2015_FR

L’accord entre la Grèce et la zone Euro pose spontanément quelques questions parmi d’autres

La première est celle de la croissance: A quel moment dans le futur peut on imaginer un retour de la croissance en Grèce?
Ce ne sont pas les quelques mesures sur l’ouverture des magasins le dimanche, la libéralisation des pharmacies, des boulangeries et la réduction des professions protégées qui vont relancer la croissance.
Les objectifs qui ont été dévoilés par Tsipras, jeudi dernier, doivent conduire à une convergence du solde budgétaire primaire vers le niveau de 3.5% du PIB en 2018. Cette mesure n’est pas remise en cause mais sera certainement au cœur des discussions lorsque commenceront les négociations pour le 3ème plan de sauvetage.
En 2014, le relâchement de l’austérité avait permis de retrouver une allure plus robuste sur la croissance et l’emploi. L’incertitude qui a prévalu depuis l’arrivée de Syriza a infléchi cette tendance. Mais les effets de la hausse de la TVA et de la baisse des retraites remettent l’austérité au goût du jour et vont pénaliser la croissance.
A moyen terme, la réforme des retraites ira aussi certainement dans ce sens. Il faudra caler le profil des retraites sur la capacité de l’économie à générer des revenus. Or au regard du profil du PIB (baisse de 26% depuis 2009) ces revenus et les pensions qui y sont attachés seront plus réduits. Lire la suite

Après l’Eurogroup, il n’est plus donné de choix à la Grèce

Au moment où je commence ce post, lundi matin, le sommet des chefs d’Etat de la zone Euro n’est pas encore terminé. Cela fait 20h qu’il a débuté. Les discussions portent désormais sur le communiqué de presse composé par Angela Merkel, François Hollande, Alexis Tsipras et Donald Tusk.
Si l’on suit le communiqué de presse de l’Eurogroup, réuni samedi et dimanche, la Grèce n’a d’autre choix que la mise sous tutelle par la zone Euro. Sa seule liberté est celle du défaut et de la sortie de la zone.
Les discussions ont été très brutales et violentes et à la fin c’est Wolfgang Schauble, le ministre des finances allemand, qui a gagné. Lire la suite

Sortie temporaire de la zone Euro: ce serait illusoire 

L’idée de sortie temporaire de la Grèce est totalement illusoire et traduit avant tout la volonté de l’Allemagne de faire sortir la Grèce de la zone euro.  

Imaginons la sortie de la Grèce: que se passerai t il pour sa monnaie?  Elle ne pourrait plus être l’euro, le risque de dépréciation est fort. A ce point il y a deux possibilités 

Soit le pays veut effectivement revenir dans la zone euro alors il doit réduire, tout seul, les déséquilibres qui ont été à la source de son expulsion.  A ce moment là, sans le support de la monnaie unique avec des taux d’intérêt bas, les mesures à prendre seraient trop contraignantes. Finalement et c’est la seconde option, le pays reprendrait sa liberté vis à vis de la zone euro. 

En d’autres termes soit le pays fait des efforts considérables pour essayer de revenir (car il ne bénéficie pas des effets positifs de monnaie unique) mais c’est sûrement excessif et desincitatif. Il pourrait alors ne plus souhaiter faire les efforts nécessaires pour converger vers les critères qui lui auraient été imposés. Son nouvel objectif pourrait alors de profiter au mieux des effets de la dévaluation de sa monnaie. 

Le sentiment est que l’Allemagne souhaite évoquer la sortie temporaire pour virer la Grèce.  Ce serait juste un moyen poli de le faire. Mais alors la Grèce serait elle la seule à subir ce traitement?