Quelle crédibilité pour les taux d’intérêt prévus par la Fed en Septembre?

Lors de la réunion de la Banque Centrale Américaine les 19 et 20 septembre, ses membres ont dessiné le profil du taux d’intérêt de référence pour la banque centrale qu’ils anticipent pour les années à venir jusqu’en 2020. Dans ce schéma, il y aura une hausse de taux d’intérêt en 2017, trois en 2018, 2 en 2019 et 1 seule en 2020. Il serait alors de 2.875% contre 1.125% actuellement. Généralement, les profils publiés par la Fed sont excessifs, la banque centrale tentant d’infléchir dans le sens souhaité les anticipations des investisseurs. Lire la suite

La Fed normalise mais ne devient pas optimiste

Comme prévu, la Fed, lors de sa réunion des 19 et 20 septembre, a annoncé la mise en place du processus de réduction de la taille de son bilan pour le mois d’octobre. Le détail qui avait été présenté en juin est disponible sur un post envoyé plus tôt aujourd’hui et récapitulant l’ensemble des éléments à connaitre.

Lors de la conférence de presse, Janet Yellen a clairement indiqué que la hiérarchie des instruments de la politique monétaire est claire. La banque centrale dispose de deux instruments que sont le taux des fed funds et l’achat d’actifs. En temps normal, a dit la présidente de la Fed, c’est l’instrument de taux qui sera utilisé exclusivement. La gestion de la politique monétaire ne se fera que par le biais des taux d’intérêt. Ce n’est que dans une situation perçue comme particulière que la Fed pourrait utiliser à nouveau l’achat d’actifs. L’un est la règle, l’autre l’exception. Cela a le mérite d’être direct et claire. Mais c’était une question pertinente en cas de choc négatif sur l’activité. Le taux actuel de la Fed est trop bas pour qu’une baisse brutale ait des effets forts et durables sur la conjoncture immédiate. Un ajustement quantitatif pourrait être nécessaire. En tout cas elle considère que les deux instruments doivent rester dans la boite à outil de la banque central.  Lire la suite

La Federal Reserve en territoire inconnu

Ecrit avec Aline Goupil Raguénès

Lors de la réunion de la Fed dont le résultat sera connu ce soir à 2000, il est fort probable que la Banque Centrale américaine annonce le lancement de son opération de réduction de la taille de son bilan.
Celui ci avait gonflé de façon spectaculaire à partir de la fin de l’année 2008. La banque centrale jouait d’abord un nouveau rôle dans la gestion des liquidités du système monétaire et bancaire américain. Par la suite les opérations d’achats d’achat d’actifs ont contribué à pérenniser le gonflement de ce bilan. Pour donner quelques chiffres, il est passé de 830 milliards en moyenne en 2007 à près de 4 500 Mds aujourd’hui. En pourcentage du PIB le chiffre moyen de 2007 était de 5.7%, il est aujourd’hui de 23%.
Si la Fed veut réduire la taille de son bilan plusieurs questions se posent. C’est à ces questions que nous souhaitons répondre dans ce post et dans le document attaché qui est plus technique mais aussi plus précis sur le déroulé des opérations.
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Le vent va souffler fort sur la Fed

Le départ anticipé de Stan Fischer à la mi-octobre va modifier en profondeur l’équilibre du board de la Fed. Jusqu’alors sur les 7 membres, 4 avaient été nommés par Obama et il restait 3 sièges vacants. L’avantage numérique était en faveur des anciens avec une politique cohérente.

Le départ de Fischer fait basculer l’équilibre puisque Trump devra nommer 4 membres. L’un est déjà nommé et attend la confirmation du Congrès c’est Randal Quarles un banquier privé qui s’occupera de la réglementation bancaire en remplacement de Tarullo.

Qui seront les 3 autres parmi lesquels le successeur de Janet Yellen? Celle ci pouvait éventuellement rester dans la configuration initiale aujourd’hui ce ne sera pas possible.

Quatre risques

1 – Que personne ne soit nommé rapidement – De nombreux postes de la haute administration n’ont pas été pourvus depuis l’arrivée de Trump. Pourquoi cela serait il différent avec la Fed?

2 – Le futur président sera t il un économiste comme c’est normalement le cas ? Où Trump prendra t il le risque de nommer quelqu’un sans cette qualification? Jimmy Carter avait fait ce choix en 1978 et cela avait été désastreux.

3 – Personne de talent ne se précipite pour les postes à pourvoir. C’est ennuyeux pour la qualité du board, de la politique monétaire et de la gestion conjoncturelle de l’économie américaine.

4 – Les républicains veulent depuis longtemps réduire l’indépendance de la Fed en l’obligeant notamment à suivre une règle de politique monétaire du type règle de Taylor – suivre systématiquement une telle règle ôterait toute capacité de jugement à la Fed.

Le départ de Stan Fischer est un vrai bouleversement et soulève de vrais inquiétudes

Fed: La normalisation annoncée 

La Federal Reserve a remonté son taux d’intérêt de référence de 25 points de base. Il s’inscrit désormais dans le corridor [1; 1.25%]. C’est la 4eme hausse de taux depuis décembre 2015.
L’impact est très limité sur les taux d’intérêt car la Fed l’avait annoncée. C’est d’ailleurs la même stratégie qui est adoptée sur la question de la gestion du bilan. En communiquant très à l’avance chaque investisseur peut modifier ses anticipations et l’équilibre de son portefeuille. De la sorte, lorsque la nouvelle est effective l’impact est faible. Cela est aussi observable sur les marchés émergents qui se portent bien en dépit de la hausse des taux US. Par le passé, il y avait rapatriement de capitaux lors du resserrement de la Fed car les investisseurs étaient surpris. Là ils ne le sont pas.

La banque centrale américaine considère que ses objectifs sont atteints ou quasiment avec un taux de chômage a 4.3% et un taux d’inflation proche de 2%.  Lire la suite

La Fed, la BCE: 2 politiques monétaires qui ne convergent pas

Voici la version in extenso de ma chronique publiée sur Forbes.fr et qui est disponible ici

La dynamique actuelle des politiques monétaires est fascinante. La Federal Reserve (la Fed), la banque centrale des Etats-Unis, vient d’annoncer la mise en place à la fin de l’année d’une stratégie en rupture avec celle mise en œuvre depuis décembre 2008. La Fed sortirait enfin de la crise financière qui a débuté en 2007/2008. De son côté la Banque Centrale Européenne (BCE) maintient le cap d’une politique très accommodante dans la durée. La zone Euro n’est pas, elle, capable de réduire les béquilles monétaires qui ont suivi la crise de 2008 et celle de 2012.

Il y a plusieurs points de divergence entre les deux géants économiques. Lire la suite