Et si les taux longs baissaient encore ?

La question d’une remontée des taux à contretemps par la Fed est posée dans cet article de Steven Major ce matin dans le Financial Times. 

La conséquence majeure pourrait être un repli supplémentaire des taux d’intérêt de long terme. Il suggère un taux de 1.5% sur le 10 ans américain fin 2015 et de 0.2% sur le bund allemand à 10 ans comme l’hypothèse la moins improbable.
Dans un environnement macroéconomique peu dynamique, au sein duquel le prix du pétrole baisse et l’inflation reste faible, est il souhaitable pour la Fed de renouveler l’erreur faite par la BCE à 2 reprises au printemps 2011?
L’auteur développe 5 scenarii raisonnables et dans 4 d’entre eux, la conséquence logique est une baisse des taux d’intérêt.
Voir ici

Yellen est OK pour une hausse de taux en décembre. 

La lecture du discours de Janet Yellen au Congrès ne laisse pas beaucoup d’ambiguïté quant à la décision de remonter le taux des fed funds lors de la réunion des 15 et 16 décembre. La présidente de la Fed le souhaite. 
L’argument est que l’economie est robuste et susceptible de permettre une amélioration continue du marché du travail. Dans le meme temps le risque de deflation est perçu comme faible. Janet Yellen indique qu’elle a peu de doutes sur une convergence à terme vers la cible de 2% sans pour autant donner de timing.

L’évolution des taux apres ce premier mouvement sera limité à court terme. En d’autres termes la Fed ne souhaite pas entrer dans une logique de remontée rapide et systématique.

La seule question qui reste est la suivante: quel devrait être l’allure du rapport sur l’emploi pour inciter la Fed à reporter sa décision de remonter les taux? (Vous avez 2 heures)

Quelle urgence y-a-t-il à vouloir remonter les taux d’intérêt?

J’aime bien ce post de Krugman sur le conservatisme monétaire et la nécessité de voir la Fed remonter ses taux d’intérêt rapidement.
L’argument peut être celui ci: « Après avoir associer une inflation galopante aux politiques monétaires non orthodoxes voici que le conservatisme monétaire suggère qu’un peu de déflation ce n’est pas grave. »
Là où cela est dramatique est que de nombreux déséquilibres sont observables et que créer une situation déflationniste ne ferait que les renforcer obligeant rapidement la banque centrale à faire machine arrière. L’exemple suédois est intéressant sur ce point. Il n’est pas sûr que l’on puisse exonérer la BCE d’en être aussi une illustration avec la double remontée des taux d’avril et juillet 2011.

Le post de Krugman est ici

 

Statu quo attendu de la Fed

La Fed, demain, n’a pas de raisons de changer de stratégie.
Elle va continuer de réduire les achats d’actifs car il n’y a pas spontanément d’éléments l’incitant à ne pas le faire. En revanche, je ne crois pas à une annonce ou un signal sur les taux d’intérêt. Je ne crois pas que le terme « les taux resteront bas pour une période considérable » sera modifié. Il est encore trop tôt.

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