BCE, Politique Monétaire, Allemagne – Ma chronique du lundi

Mario Draghi est un cachottier. Lors de sa dernière conférence de presse , il n’avait pas indiqué le changement de communication que la Banque Centrale Européenne s’apprête à mettre en œuvre à partir du mois de janvier.
La BCE prend enfin en compte la robustesse du cycle économique et sa communication doit s’ajuster à cette inflexion. C’est plutôt une bonne nouvelle, car jusqu’à présent elle donnait le sentiment d’être toujours en mode de réaction face à un environnement qui pourrait se dégrader rapidement. Ce changement renforce la confiance que l’on peut avoir dans l’ampleur du cycle économique et dans sa durée. L’autre point souligné par la BCE est de ne plus se focaliser uniquement sur l’inflation mais d’avoir une communication plus large. Implicitement la BCE élargit son mandat mais dans les faits c’est ce qu’elle faisait déjà. Depuis le début de l’euro en 1999 la BCE cale son intervention sur le cycle économique plutôt que sur l’inflation.  Le graphe ci-dessous retrace l’indice synthétique calculé par Markit et la différence sur 5 mois du taux de refi de la BCE. Les changements de ce dernier sont clairement calés sur les inflexions du cycle et pas tant que cela sur l’inflation.
La BCE renoue avec son comportement d’avant la crise de 2007. Lire la suite

2018 – De fortes anticipations dans un monde qui a changé

J’ai envie de partager avec vous l’optimisme que l’on peut avoir pour 2018. Le commerce mondial est reparti à la hausse, le prix du pétrole est encore raisonnable et partout dans le monde les chefs d’entreprise ont une perception positive de leur environnement. Le point de départ pour 2018 est solide.
La croissance, et l’emploi qui en résultera, permettra à chacun de mieux reprendre pied dans un monde complexe et difficile. Il incombera aux politiques économiques d’être attentives aux réformes à mettre en œuvre afin de créer les conditions d’une reprise plus riche en emplois et susceptible de réduire l’incertitude à l’échelle de chaque citoyen. C’est un des aspects attendus des réformes qui seront discutées en 2018 en France. Les orientations à prendre sur la formation et les compétences qui sont au cœur de la politique du gouvernement seront le complément nécessaire aux ordonnances sur la loi travail pour rendre le marché du travail plus efficace. Lire la suite

Le renouveau c’est l’Europe*

Les citoyens européens sont désormais optimistes sur l’avenir de l’Europe et se sentent européens. Un sondage du Pew Research Center montre cela dans une étude du mois de juin. Partout en 2017 la perception positive de l’Europe s’est améliorée même au Royaume Uni. Le seul pays en retrait est la Grèce mais l’on comprend pourquoi au regard des contraintes qui sont imposées aux citoyens par le lourd processus d’ajustement bruxellois. On pourrait aussi interpréter le vote présidentiel français comme un référendum gagné largement sur l’Europe.
Le vieux contient retrouve ainsi une plus grande robustesse politique au moment où sa croissance accélère. L’alignement des planètes joue enfin favorablement. Son cadre politique est plus stable et le risque de populisme s’est estompé.

Dans un monde complexe, difficile et volatil, l’Europe est désormais un pôle de stabilité. Lire la suite

L’Europe dans l’élection présidentielle française

L’élection présidentielle française est avant tout un choix politique sur la place que les français souhaitent donner à la France. Le premier tour de ces élections a bien montré que les français n’étaient plus très à l’aise avec l’image qu’ils avaient de la France. Les partis de gouvernement traditionnels ont été exclus du deuxième tour. Il y a un besoin profond de changer et de choisir la trajectoire de la société française. Ce malaise se reflète dans le choix en faveur de ou contre l’Europe. Ce choix écarte tous les autres. On ne peut pas comparer des programmes si cette appartenance à l’Europe n’est pas éclaircie. C’est pour cela que la dimension économique n’est pas décisive et que les choix ne se feront pas la-dessus. D’ailleurs il a été très peu question d’économie depuis le début de la campagne, les candidats évoquent davantage le cadre dans laquelle la France devrait s’inscrire.

La prééminence du politique sur l’économique a été observée encore récemment lors des élections présidentielles aux USA mais aussi lors du référendum britannique. Les supporters du maintien dans l’Union Européenne parlaient principalement des conséquences économiques d’une sortie alors que les défenseurs du Brexit parlaient de la Grande Bretagne, de ses habitants et de leur place dans le monde. L’élection présidentielle américaine s’est inscrite dans la même logique. Donald Trump ne s’est pas fait élire sur le programme économique celui-ci ne reflétant que l’idée de moins d’Etat mais d’un Etat fort et rassurant. C’est cette vision politique de l’Amérique, seule contre le reste du monde, qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche. Ces éléments doivent nous faire réfléchir en ne nous focalisant pas que sur les questions économiques. Lire la suite

L’Europe dans l’élection présidentielle française

L’élection présidentielle française est avant tout un choix politique sur la place que les français souhaitent donner à la France. Le premier tour de ces élections ont bien montré que les français n’était plus très à l’aise avec l’image qu’ils avaient de la France. Les partis de gouvernement traditionnels ont été exclus du deuxième tour. Il y a un besoin profond de changer et de choisir la trajectoire de la société française. Ce malaise se reflète dans le choix en faveur de ou contre l’Europe. Ce choix écarte tous les autres. On ne peut pas comparer des programmes si cette appartenance à l’Europe n’est pas éclairci. C’est pour cela que la dimension économique n’est pas décisive et que les choix ne se feront pas la dessus. D’ailleurs il a été très peu question d’économie depuis le début de la campagne, les candidats évoquent davantage le cadre dans laquelle la France devrait s’inscrire…..

La suite de ma chronique pour Forbes est à lire ici