Une règle de politique monétaire aux USA

Si la Fed suivait la règle de politique monétaire de Mankiw qui lie le taux des fed funds au taux de chômage et au taux d’inflation sous-jacent alors le taux des fed funds serait en août 2017 à 4.3%. Le taux cible de la Fed est actuellement à 1.125%.
La Fed considère que l’économie américaine ne serait pas susceptible de prendre en charge un tel niveau de taux d’intérêt.
En 2009/2010, l’effondrement des taux justifie la mise en place du QE. Aujourd’hui la fin du QE et la baisse du bilan de la Fed va permettre de réduire l’écart entre les deux mesures présentes sur le graphe. Le niveau des taux calculé suggère que comme le signalait Yellen lors de sa conférence de presse de mettre en second plan les opérations d’achat d’actifs dans la gestion de la politique monétaire et de remettre au premier plan l’instrument du taux d’intérêt.
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La Fed normalise mais ne devient pas optimiste

Comme prévu, la Fed, lors de sa réunion des 19 et 20 septembre, a annoncé la mise en place du processus de réduction de la taille de son bilan pour le mois d’octobre. Le détail qui avait été présenté en juin est disponible sur un post envoyé plus tôt aujourd’hui et récapitulant l’ensemble des éléments à connaitre.

Lors de la conférence de presse, Janet Yellen a clairement indiqué que la hiérarchie des instruments de la politique monétaire est claire. La banque centrale dispose de deux instruments que sont le taux des fed funds et l’achat d’actifs. En temps normal, a dit la présidente de la Fed, c’est l’instrument de taux qui sera utilisé exclusivement. La gestion de la politique monétaire ne se fera que par le biais des taux d’intérêt. Ce n’est que dans une situation perçue comme particulière que la Fed pourrait utiliser à nouveau l’achat d’actifs. L’un est la règle, l’autre l’exception. Cela a le mérite d’être direct et claire. Mais c’était une question pertinente en cas de choc négatif sur l’activité. Le taux actuel de la Fed est trop bas pour qu’une baisse brutale ait des effets forts et durables sur la conjoncture immédiate. Un ajustement quantitatif pourrait être nécessaire. En tout cas elle considère que les deux instruments doivent rester dans la boite à outil de la banque central.  Lire la suite

La Federal Reserve en territoire inconnu

Ecrit avec Aline Goupil Raguénès

Lors de la réunion de la Fed dont le résultat sera connu ce soir à 2000, il est fort probable que la Banque Centrale américaine annonce le lancement de son opération de réduction de la taille de son bilan.
Celui ci avait gonflé de façon spectaculaire à partir de la fin de l’année 2008. La banque centrale jouait d’abord un nouveau rôle dans la gestion des liquidités du système monétaire et bancaire américain. Par la suite les opérations d’achats d’achat d’actifs ont contribué à pérenniser le gonflement de ce bilan. Pour donner quelques chiffres, il est passé de 830 milliards en moyenne en 2007 à près de 4 500 Mds aujourd’hui. En pourcentage du PIB le chiffre moyen de 2007 était de 5.7%, il est aujourd’hui de 23%.
Si la Fed veut réduire la taille de son bilan plusieurs questions se posent. C’est à ces questions que nous souhaitons répondre dans ce post et dans le document attaché qui est plus technique mais aussi plus précis sur le déroulé des opérations.
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Le vent va souffler fort sur la Fed

Le départ anticipé de Stan Fischer à la mi-octobre va modifier en profondeur l’équilibre du board de la Fed. Jusqu’alors sur les 7 membres, 4 avaient été nommés par Obama et il restait 3 sièges vacants. L’avantage numérique était en faveur des anciens avec une politique cohérente.

Le départ de Fischer fait basculer l’équilibre puisque Trump devra nommer 4 membres. L’un est déjà nommé et attend la confirmation du Congrès c’est Randal Quarles un banquier privé qui s’occupera de la réglementation bancaire en remplacement de Tarullo.

Qui seront les 3 autres parmi lesquels le successeur de Janet Yellen? Celle ci pouvait éventuellement rester dans la configuration initiale aujourd’hui ce ne sera pas possible.

Quatre risques

1 – Que personne ne soit nommé rapidement – De nombreux postes de la haute administration n’ont pas été pourvus depuis l’arrivée de Trump. Pourquoi cela serait il différent avec la Fed?

2 – Le futur président sera t il un économiste comme c’est normalement le cas ? Où Trump prendra t il le risque de nommer quelqu’un sans cette qualification? Jimmy Carter avait fait ce choix en 1978 et cela avait été désastreux.

3 – Personne de talent ne se précipite pour les postes à pourvoir. C’est ennuyeux pour la qualité du board, de la politique monétaire et de la gestion conjoncturelle de l’économie américaine.

4 – Les républicains veulent depuis longtemps réduire l’indépendance de la Fed en l’obligeant notamment à suivre une règle de politique monétaire du type règle de Taylor – suivre systématiquement une telle règle ôterait toute capacité de jugement à la Fed.

Le départ de Stan Fischer est un vrai bouleversement et soulève de vrais inquiétudes

Un graphe pour illustrer le problème structurel des Etats-Unis

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Ce graphe est issu d’un article de dans le NY Times que vous pouvez retrouver ici

Il montre de façon impressionnante la façon dont la distribution des revenus a changé depuis 1980 aux USA.
En 1980 les revenus les plus faibles bénéficiaient d’un effet de rattrapage par rapport aux revenus les plus élevés. Ils progressaient plus vite que les revenus plus élevés.
En 2014 ce n’est plus du tout le cas. Chaque centile de revenu progresse moins vite que les centiles supérieurs dans la distribution. Il n’y a plus rattrapage mais divergence. Les écarts s’accentuent de façon spectaculaire pour les revenus des derniers centiles (voire du dernier centile).
Pour dire les choses autrement: en 1980 les 20% ayant les revenus les plus faibles avaient une croissance de leur revenu supérieure à la moyenne (2.5% hors inflation). En 2014, les 20% ayant les revenus les plus élevés ont une croissance de leur revenu supérieure à la moyenne de 1.4% (hors inflation).
La baisse des impôts sur le revenu proposée par  Trump et les républicains accentuerait encore davantage ces écarts. L’impact macroéconomique ne serait alors pas positif, probablement négatif.
« Most Americans would look at these charts and conclude that inequality is out of control. The president, on the other hand, seems to think that inequality isn’t big enough. »

Fed: La normalisation annoncée 

La Federal Reserve a remonté son taux d’intérêt de référence de 25 points de base. Il s’inscrit désormais dans le corridor [1; 1.25%]. C’est la 4eme hausse de taux depuis décembre 2015.
L’impact est très limité sur les taux d’intérêt car la Fed l’avait annoncée. C’est d’ailleurs la même stratégie qui est adoptée sur la question de la gestion du bilan. En communiquant très à l’avance chaque investisseur peut modifier ses anticipations et l’équilibre de son portefeuille. De la sorte, lorsque la nouvelle est effective l’impact est faible. Cela est aussi observable sur les marchés émergents qui se portent bien en dépit de la hausse des taux US. Par le passé, il y avait rapatriement de capitaux lors du resserrement de la Fed car les investisseurs étaient surpris. Là ils ne le sont pas.

La banque centrale américaine considère que ses objectifs sont atteints ou quasiment avec un taux de chômage a 4.3% et un taux d’inflation proche de 2%.  Lire la suite