Un graphe pour illustrer le problème structurel des Etats-Unis

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Ce graphe est issu d’un article de dans le NY Times que vous pouvez retrouver ici

Il montre de façon impressionnante la façon dont la distribution des revenus a changé depuis 1980 aux USA.
En 1980 les revenus les plus faibles bénéficiaient d’un effet de rattrapage par rapport aux revenus les plus élevés. Ils progressaient plus vite que les revenus plus élevés.
En 2014 ce n’est plus du tout le cas. Chaque centile de revenu progresse moins vite que les centiles supérieurs dans la distribution. Il n’y a plus rattrapage mais divergence. Les écarts s’accentuent de façon spectaculaire pour les revenus des derniers centiles (voire du dernier centile).
Pour dire les choses autrement: en 1980 les 20% ayant les revenus les plus faibles avaient une croissance de leur revenu supérieure à la moyenne (2.5% hors inflation). En 2014, les 20% ayant les revenus les plus élevés ont une croissance de leur revenu supérieure à la moyenne de 1.4% (hors inflation).
La baisse des impôts sur le revenu proposée par  Trump et les républicains accentuerait encore davantage ces écarts. L’impact macroéconomique ne serait alors pas positif, probablement négatif.
« Most Americans would look at these charts and conclude that inequality is out of control. The president, on the other hand, seems to think that inequality isn’t big enough. »

Sur la distribution des revenus aux USA 

La création de comptes de revenus selon leur répartition permet une lecture fine de l’évolution des inégalités. Piketty, Saez et Zucman montrent l’évolution des revenus avant et après impôts et redistribution aux USA par niveau de revenu. Ils constatent notamment le croisement fort et brutal de la part des revenus avant impôts des 5 premiers déciles et du 1% ayant les revenus les plus élevés. La part des premiers dans le revenu national est passé d’environ 20% dans les années 70 à un peu plus de 12% en 2014. Pour le pour-cent le chemin est inverse de 11% environ dans les années 70 à 20% aujourd’hui. 

La comparaison avec la France pour le profil des 5 premiers déciles est très favorable à l’hexagone. Il valait mieux être en France qu’aux USA 

Lire le court document résumant un travail plus détaillé ici 
On peut aussi consulter cette synthèse de @martin_anota sur son blog Voir ici

Un autre indice sur le risque de stagnation séculaire

Interview publié sur Atlantico.fr et disponible ici

Selon une étude publiée en juin 2016 par les équipes du FMI, la mondialisation des économies aurait eu un effet de polarisation sur les emplois, entraînant favorablement les hauts et les bas revenus, mais laissant de côté les emplois des classes moyennes. Or, ces classes moyennes ont une plus grande propension à consommer que les revenus élevés. Une situation qui aurait coûté 3 points de consommation aux Etats Unis, soit l’équivalent de 400 milliards de dollars par an. Dès lors, peut-on considérer que le développement des inégalités impacte négativement l’équilibre de la croissance ? Cette situation s’observe-t-elle également en France ?

L’étude du FMI constate qu’i y a eu une polarisation des revenus aux USA entre 1970 et 2014. Autrement dit, la part dans le revenu global des ménages payés autour du revenu médian a reculé de façon significative sur la période. D’un peu moins de 50% au début des années 70, la part des revenus de cette classe moyenne est tombée à 35%. Dans le même temps la part des hauts revenus est passée d’environ 50% à 60%. La part des faibles revenus a été quasiment stable sur la période. Lire la suite

Bouleversement dans la distribution des revenus

Branko Milanovic (@BrankoMilan)   a mis en exergue, par une graphe, l’un des changements majeurs depuis la fin du siècle dernier. Il s’est interrogé sur l’évolution des revenus réels (hors inflation donc) de 1988 à 2008, non pas à l’intérieur d’un pays comme cela a souvent été fait, mais à l’échelle globale. Il découpe l’ensemble de la distribution des revenus en part de 1% et regarde l’évolution des revenus par centile. Il obtient une courbe souvent qualifiée « en forme d’éléphant » (voir l’illustration en bas du post).
Ce que dit Milanovic est que pour les personnes au voisinage de la médiane (point A), principalement des chinois et des indiens, le revenu a augmenté de 80%. Sur une période aussi courte c’est phénoménal.
En revanche, le point B, qui correspond à la partie basse de la distribution des revenus dans les pays développés, traduit une nette dégradation de la situation. Y-t-il un parallèle entre la hausse du point A et la baisse de B? C’est un point que l’on ne peut pas exclure (voir les travaux de David Autor  @davidautor  )
Enfin le point C montre l’importance du centile le plus élevé dans la distribution récente des revenus.

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Source Branko Milanovic (texte associé)


The greatest reshuffle of individual incomes since the Industrial Revolution
by Branko Milanovic

The effects of trade, or more broadly of globalisation, on incomes and their distribution in the rich countries have been much studied, beginning with a number of works on wage distributions in the 1990s, to more recent papers on the effects of globalisation on the labour share (Karabarbounis and Neiman 2013, Elsby et al. 2013), wage inequality (Ebenstein et al. 2015), and routine middle class jobs (Autor and Dorn 2010).

In joint work with Christoph Lakner (Lakner and Milanovic 2015) and in a recently published book, Global Inequality: A New Approach for the Age of Globalization (Milanovic 2016), I take a different approach of looking at real incomes across the world population. This is made possible thanks to the data from almost 600 household surveys from approximately 120 countries in the world covering more than 90% of the world population and 95% of global GDP. Since household surveys are not available for all countries annually, the data are ‘centred’ on benchmark years, at five-year intervals, starting with 1988 and ending in 2008. I report the results for up to 2011 in Milanovic (2016), while Lakner has an unpublished update for 2013. The updates confirm, or reinforce, the key findings for 1988-2008 that I discuss here.

The advantage of a global approach resides in its comprehensiveness and the ability to observe and analyse the effects of globalisation in many parts of the world and on many parts of the global income distribution.  While the true or putative effects of globalisation on working class incomes in the rich world have become the object of fierce political battles – especially in the wake of the Brexit vote and the rise of Donald Trump to political prominence in the US – the overall effects of globalisation on the rest of the world have received less attention, and when they have, were studied separately, as if independent, from the effects observed in the rich word.

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