Royaume Uni – Faible demande interne, hausse des taux: la probabilité de récession s’accroît 

J’ai publié hier un post sur le Royaume Uni sur la version anglaise de mon blog. 
Il s’interroge sur la compatibilité de 4 éléments 

1- l’impact négatif qu’aura le Brexit sur le commerce extérieur britannique

2- la volonté de la Banque d’Angleterre de relever ses taux d’intérêt dans un futur proche

3- la situation dégradée des ménages pour lesquels le maintien de la consommation est passé par un effondrement du taux d’épargne (au plus bas depuis le début de la série en 1963) et par un recours au crédit alors que le pouvoir d’achat du revenu disponible baissait 

4- une production (production par heure de travail) qui ne s’améliore pas

Remonter les taux d’intérêt dans ces conditions c’est prendre le risque d’accroître fortement la probabilité de récession 

Le post est disponible ici

Qu’attendre de la politique monétaire de la BCE?

C’est la question que l’on peut se poser au lendemain de la conférence de presse de Mario Draghi à l’issue de la réunion du comité de politique monétaire.

Le président de la BCE a clairement insisté pour convaincre son auditoire et l’ensemble des investisseurs qu’il n’était pas question pour l’instant de modifier la façon de faire de la banque centrale même si celle-ci a amendé la façon dont elle encadrait son action. Dans le communiqué de presse, la mention d’une possible baisse des taux d’intérêt a été gommée. Ce n’est pas cependant suffisant pour indiquer l’annonce d’un changement de politique selon Mario Draghi. La BCE n’est pas près et pas prête à changer de politique.

L’inflation insuffisante, toujours très éloignée de la cible de 2% définie par la BCE, est le principal facteur de cette stabilité. Le président de la BCE a encore insisté pour indiquer que la volatilité de l’inflation ne reflétait que celle du prix du pétrole. Les autres composantes sont beaucoup plus stables et ne progressent en moyenne que d’un peu moins de 1% par an depuis 3 ans. C’est peu et toujours inférieur à la cible. Dès lors la BCE n’a pas de raison de hâter un changement de politique. Lire la suite

L’année démarre bien pour le consommateur français

Deux indicateurs cette semaine sur le consommateur français; deux indicateurs en rupture à la hausse. L’année démarre bien.

Le premier est l’indice de confiance des ménages qui sort enfin de sa longue stagnation.
Un tel niveau n’avait pas été observé depuis Mai 2012 lors de l’élection présidentielle (un pic de confiance est toujours observé lors de l’élection présidentielle) et auparavant en novembre 2010.
France-2015-fevrier-moral-menagesLes indicateurs liées aux perspectives personnelles et globales s’améliorent enfin. Les ménages considèrent que l’horizon se dégage enfin et qu’ils vont pouvoir enfin se projeter vers l’avant. C’est cela qui est important pour appréhender les comportements, il faut pouvoir imaginer le présent et le futur. Dans la période récente, le présent était trop présent au détriment du futur. Cela change et c’est majeur.
L’indicateur synthétique est souvent bien corrélé avec la perception que les ménages ont du chômage. Sur le mois de février ce n’est pas le cas, c’est plutôt cette projection dans l’avenir qui change les perspectives.
Une amélioration significative de la confiance des ménages a aussi été observée en début d’année. (je le signalais dans le dernier « Anticipations Hebdo »)
France-2015-fevrier-perspectives-menagesLe deuxième indicateur est celui des dépenses des ménages. En Janvier, les dépenses progressent rapidement. On constate là aussi un décrochage significatif.
France-2015-janvier-consoHors énergie, les dépenses progressent aussi rapidement. C’est ce point là qui est important. les ménages ont économisé sur leurs dépenses en énergie et reportent le montant sur d’autres produits. (Les dépenses en énergie reculent en tendance en volume et du fait de la baisse des prix se replient en valeur). Ce report s’observe notamment sur l’automobile, l’habillement et l’équipement de la maison.
(En zone Euro, les dépenses aussi se sont accentuées. La progression des ventes de détail en volume n’a pas été aussi forte au T4 2014 depuis le T4 2006)
France-2015-janvier- conso-hors-energieLa perception des ménages sur leur environnement est en train de changer. La baisse du prix du pétrole est surement un élément clé pour comprendre le changement.  Ce changement depuis deux mois se constate aussi lorsque l’on regarde les perspectives personnelles de production dans l’enquête de l’INSEE auprès des industriels.
La dynamique de l’économie est en train de changer à la hausse en France mais aussi en zone Euro.

Trois graphes sur le Japon au mois d’août: la récession guette sans impatience

A plusieurs reprises sur ce blog j’ai évoqué la question du Japon, notamment après la hausse de la TVA du 1er avril 2014. (voir ici, ici et ici).
Ce post est une mise à jour après la publication des chiffres du mois d’août.

1 – Les achats des ménages continuent de se contracter. Lire la suite