6 graphes sur l’inflation en France

Le taux d’inflation pour la France s’est inscrit à -0.4% en Janvier. Sur le seul mois de janvier, l’indice des prix a reculé de -1%. Le taux d’inflation sous-jacent s’est établi à 0.2%.
Depuis 2013 on observe sur le graphe l’inflexion à la baisse des deux mesures.
Au regard des données, il me semble que l’effet hausse de TVA introduite en janvier 2014 sera plus manifeste en février.
France-2015-janvier-inflationLa baisse des prix sur le mois de janvier est imputable essentiellement aux prix des biens manufacturés (en bleu). C’est ce que l’on voit sur le graphe ci dessous: c’est l’effet des soldes. On observait un même mouvement en janvier 2014 et en juillet 2014 mais avec une amplitude moindre néanmoins. Lire la suite

Guerre Monétaire en Europe

Verbatim de ma chronique du jour

La guerre monétaire est lancée en Europe. La Suisse, le Danemark et la Suède avaient déjà une politique monétaire très accommodante avec un taux d’intervention à 0 et un taux de dépôt négatif à -0.75%.
Mais cela n’a pas été suffisant puisque la Banque centrale suédoise a décidé hier de réduire son taux d’intervention de 10 points de base à -0.1%. Elle va aussi mettre en place un quantitative easing de 10 Mds de couronnes suédoises. Le Danemark aussi fait du Quantitative easing puisque pour défendre la parité de sa monnaie avec l’euro la banque centrale danoise est obligée d’intervenir massivement.

La justification des mesures suédoises est la déflation dans laquelle se débat cette économie depuis de nombreux mois. Cette question de la déflation caractérise la dynamique européenne même là où il y a de la croissance. A priori la Suède va connaitre une croissance robuste en 2015 si l’on suit les perspectives publiées hier par la Banque de Suède ou si l’on regarde celles de la commission européenne.
Il y a donc la nécessité d’une politique monétaire active afin de peser sur le profil des prix. Hier la Suède n’a pas eu le monopole des annonces puisqu’au Royaume Uni, le patron de la Banque d’Angleterre indiquait que si à terme le taux d’intérêt de la banque d’Angleterre allait forcément remonter il pouvait, parce que l’inflation allait passer en territoire négatif, s’ajuster à la baisse et tendre vers 0%.

Dans cet environnement très particulier de taux d’intérêt au voisinage de 0% voire de taux négatifs, le rôle de la BCE est majeur. Sa politique monétaire est de maintenir des taux d’intérêt très bas pendant très longtemps quelle que soit la maturité des taux d’intérêt. C’est notamment l’un des objets du quantitative easing. Cette stratégie a provoqué et cela était souhaité une baisse rapide, profonde et durable de l’euro.
Dès lors les pays liés à l’euro, comme cela est le cas pour le Danemark où potentiellement pour la Suisse, sont obligés de mettre en place des politiques monétaires encore plus accommodantes pour accompagner la baisse de la monnaie européenne. Comme la structure des taux de la zone Euro est proche de 0, ils sont obligés d’avoir des taux d’intervention plus bas encore. Et en cas de lien direct comme le Danemark d’intervenir sur le marché des changes.
La Suède n’a pas de liens aussi forts avec la parité de l’euro mais pour conserver une monnaie compétitive elle doit adopter une stratégie monétaire cohérente avec celle de la zone euro

Ce qui est intéressant est que la Banque de Suède et la Banque d’Angleterre considèrent que cette épisode est temporaire mais que très vite des taux plus élevés seront nécessaires. Pourtant, la question de la déflation ne va pas se résoudre spontanément et surtout, il ne semble pas que la BCE souhaite abandonner sa politique monétaire très accommodante très rapidement. La zone Euro paie l’impact persistant des politiques très restrictives mises en place au début de la décennie et cela prendra forcément du temps. Les stratégies monétaires en Europe resteront conditionnées par cela.

L’Europe va devoir s’habituer à des politiques monétaires durablement accommodantes même pour les pays qui ne sont pas dans la zone Euro. Cela ne ressemble pas à une guerre des monnaies telle qu’on a pu en connaitre par le passé, il n’y a pas une lutte acharnée pour faire baisser sa monnaie au sein de l’Europe mais simplement de maintenir une politique cohérente avec celle massive de la BCE.
De fait, les pays européens non membres de la zone Euro ont perdu une grande partie de leur indépendance monétaire avec la stratégie mise en place par la BCE depuis septembre.

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La BCE, Draghi et la Zone Euro

J’ai donné un interview au site Atlantico sur la politique monétaire de la BCE et son incidence en Europe et en France.
Vous pouvez le retrouver sur le site ici: http://bit.ly/Atlantico-PW sous le titre
Déflation : les libéraux français sont-ils les plus bêtes du monde ?

Atlantico –  A Jackson Hole, Mario Draghi a déploré le chômage, le manque de croissance et les risques de déflation en Europe. Il a aussi affirmé que la BCE avait été impuissante et limitée dans son action à cause des politiques d’austérité menées par les gouvernements de la zone euro. S’il prône toujours une politique centrée sur l’offre, ses propos représentent une inflexion dans la doctrine officielle de la BCE. En quoi cette déclaration peut-elle être interprétée comme un changement de cap dans la politique de la BCE ? Lire la suite

Anticipations Hebdo du 1er Septembre 2014

Le document en version pdf est ici Anticipations Hebdo du 1er Septembre 2014

Les attentes de la semaine du 1er au 7 Septembre

  • La BCE, la Banque d’Angleterre, la Banque de Suède et la Banque du Japon se réunissent cette semaine. La plus importante sera celle de la BCE. En effet après le discours de Draghi à Jackson Hole, il faudra caler le discours de la BCE sur l’orientation évoquée. Cela pourra donner une idée de l’évolution du rapport de force en zone Euro entre la BCE, la commission européenne et les gouvernements. Pas d’annonce attendue, peut-être des précisions sur les opérations liées aux ABS
  • Le deuxième élément majeur sera le chiffre de l’emploi américain vendredi. On sait la Fed très attentive à la dynamique du marché de l’emploi. Le Beige book sera publié mercredi
  • Toutes les enquêtes Markit et ISM. Lundi et mercredi pour les premières, mardi et jeudi pour la seconde en raison du Labor Day américain
  • Détail du PIB de la zone Euro, Commandes à l’industrie allemande, ventes de détail Zone Euro

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Mario Draghi change la donne de la politique économique en Zone Euro

Dans son propos à Jackson Hole, Mario Draghi crée les conditions d’une politique économique nouvelle pour la zone Euro (le texte est ici).
Il part de l’analyse du chômage de la zone Euro indiquant qu’il a des causes conjoncturelles et structurelles. Il faut donc agir sur le plan conjoncturel avec une plus grande coordination des politiques monétaire et budgétaire et agir sur le long terme avec des réformes structurelles.

La question conjoncturelle
Il s’inquiète du faible niveau de l’activité, vu par exemple à travers les chiffres de croissance du deuxième trimestre (voir ici), le taux de chômage durablement élevé et une inflation très faible (0.4% en juillet). Lire la suite