Le risque britannique

La croissance du premier trimestre va franchement ralentir au Royaume Uni. Les dépenses des ménages se sont contractées de façon spectaculaire en raison de l’accélération de l’inflation et notamment de la hausse des prix des produits alimentaires, pénalisant ainsi le pouvoir d’achat.
La consommation qui a un champs plus large que les ventes de détail devrait nettement ralentir voire se contracter légèrement.
Il s’agit ici des premiers effets du Brexit via l’effritement du  pouvoir d’achat du consommateur. C’est la première étape
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3 points à noter sur la conjoncture en zone Euro et aux USA

L’inflation ralentit en zone Euro
L’inflation a baissé rapidement en mars puisqu’elle s’est inscrite à 1.5% contre 2% en février. Ce mouvement de repli s’observe au sein de tous les pays de la zone comme le suggère le graphe.
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On voit sur le graphe spécifique à la zone Euro que l’inflation sous-jacente recule également. C’est ce point qui a provoqué un repli plus important qu’attendu du taux d’inflation. Cela n’a pas été qu’un phénomène lié à l’énergie. Lire la suite

3 graphes sur les ventes de détail US: ne rêvons pas

Les ventes de détail du mois de septembre ont progressé de 0.6% après un repli de -0.2% en août et une hausse maigrichonne de 0.1% en juillet. Sur le trimestre la hausse n’est que de 2.9% en taux annualisé contre 6% au cours des 3 mois du printemps.
On voit bien cette rupture dans le premier graphe ci-dessous. Les 3 mesures des dépenses sont réduisent fortement en juillet, se contractent en août et reprennent modérément en septembre.
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Ce qui nous intéresse ici est la composante hors auto, essence et matériaux de construction car elle est incluse dans la construction de la consommation dans les comptes nationaux. Sur les 3 derniers mois, cet indicateur n’aura progresser qu’une fois et de seulement 0.1% en septembre. Lire la suite

Royaume Uni (confiance), Japon (production), France (consommation)

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La confiance du consommateur anglais rebondit en août

Après le référendum sur le Brexit, le 23 juin dernier, les ménages se sont inquiétés de l’évolution de l’économie. L’indice des perspectives à 12 mois avait plongé d’une façon spectaculaire. Puis en août comme il ne se passe pas grand chose dans la mise en œuvre du Brexit alors que les taux d’intérêt baissent sous l’impulsion de la Banque d’Angleterre et que le sterling recule de façon durable il y a un mini boom qui rassure le consommateur. L’indice de confiance remonte rapidement en août mais ne revient pas au niveau de juin. Le profil est similaire pour les perspectives à 12 mois.
Interprétation: avec le Brexit il y aura un impact négatif mais il n’est pas pour tout de suite en raison des hésitations politiques. (voir ici sur l’état d’avancement du Brexit ) Lire la suite

Le consommateur au cœur de la reprise en Zone €uro

Verbatim de ma chronique du jour

Le consommateur vient à la rescousse de la zone Euro.
Depuis l’automne ses dépenses s’accélèrent et sont un support majeur à la croissance. Elles avaient augmenté de 3% en taux annualisé au dernier trimestre de 2014 et sont encore en hausse de 1.1% pour le seul mois de janvier. Le consommateur européen très timide change de comportement. Ce sera un élément clé pour la reprise attendue en 2015.
ZE-2015-janvier-ventesdetailOn doit appréhender ce changement de trajectoire à deux niveaux

D’abord parce que la hausse de la consommation va accroitre la demande interne privée. D’un point de vue général, le profil du PIB est conditionné par celui de cette demande privée. Or depuis le début de la crise en 2008 et surtout depuis 2011 la tendance de celle ci est baissière. On ne peut pas imaginer un profil haussier de la croissance sans ce support de la demande privée. L’accélération de la consommation va engendrer une allure plus positive de la croissance. La hausse de l’investissement plus tard dans la séquence de reprise complètera le processus.

Le deuxième point à souligner est dans le détail géographique, c’est l’Allemagne qui tire principalement la hausse des dépenses. Cela s’observait déjà dans les compte nationaux où la consommation des ménages allemands a augmenté de 3% au troisième et au quatrième trimestres (taux annuel). Ce mouvement haussier est confirmé en janvier sur les ventes de détail.
Que ce soit l’Allemagne est majeur pour la compréhension de la conjoncture de la zone Euro et pour la résorption de ses déséquilibres.

Pendant les années d’avant crise, l’économie de la zone Euro s’est développée rapidement sous l’impulsion notamment des pays qui bénéficiaient de la baisse des taux d’intérêt, conséquence de la mise en place de la zone Euro. Durant cette période l’Allemagne a accumulé des excédents sur tous les pays qui consommaient fortement.

Durant la crise et avec la mise en place des politiques d’austérité, la demande des pays consommateurs a été fortement affectée. La zone Euro avait perdu son principal moteur de croissance. Depuis de nombreux mois, il était souhaité que l’impulsion vienne de l’Allemagne pour accroitre la demande interne privée de la zone euro. L’Allemagne dispose d’excédents importants mais sa consommation limitée pesait sur la conjoncture de la zone. Si les ménages allemands dépensent désormais davantage, la demande supplémentaire profitera notamment aux économies de la zone Euro et permettra de retrouver une trajectoire de croissance plus robuste. C’est ce qui est en train de se mettre en place.

L’explication de cette amélioration des ventes de détail vient d’une manière générale de la baisse du prix de l’énergie. Cela n’est pas spécifique à l’Allemagne mais le ministère de l’économie allemand a calculé que cela avait permis d’économiser 3.5 Mds d’euros au 2ème semestre 2014. En outre de façon plus spécifique les emplois outre-Rhin s’accroissent et les salaires suivent.

Le consommateur européen est en train de changer à la hausse la trajectoire de l’économie de la zone euro et le consommateur allemand en est le fer de lance. En dopant la demande allemande il crée une impulsion qui bénéficiera à tous.

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Pour mémoire
Le graphe ci dessous reprend la décomposition du profil du PIB de la zone euro en indiquant le profil des contributions cumulées (à la croissance du PIB) de ses composantes
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