Le renouveau c’est l’Europe*

Les citoyens européens sont désormais optimistes sur l’avenir de l’Europe et se sentent européens. Un sondage du Pew Research Center montre cela dans une étude du mois de juin. Partout en 2017 la perception positive de l’Europe s’est améliorée même au Royaume Uni. Le seul pays en retrait est la Grèce mais l’on comprend pourquoi au regard des contraintes qui sont imposées aux citoyens par le lourd processus d’ajustement bruxellois. On pourrait aussi interpréter le vote présidentiel français comme un référendum gagné largement sur l’Europe.
Le vieux contient retrouve ainsi une plus grande robustesse politique au moment où sa croissance accélère. L’alignement des planètes joue enfin favorablement. Son cadre politique est plus stable et le risque de populisme s’est estompé.

Dans un monde complexe, difficile et volatil, l’Europe est désormais un pôle de stabilité. Lire la suite

Brexit Modéré – Un reniement rapide

Après les élections britanniques, la confusion, qui en résulte, suggère que la probabilité d’un Brexit modéré a augmenté puisque Theresa May, ne disposant pas d’une majorité, sera obligée de composer. Pourtant ce n’est pas et cela ne peut pas être aussi simple car cela reflète un reniement du référendum sur le Brexit.

Une source de confusion vient de ce que l’image de l’Europe a profondément changé chez les britanniques en un an. L’image positive de l’Europe est majoritaire (54%) chez les britanniques selon une enquête menée par PEW Research Center au printemps 2017. C’est 10 points de plus que l’an dernier au moment du référendum.

L’émergence de l’idée d’un Brexit modéré vient de la perte des élections générales par Theresa May. Lire la suite

Brexit modéré – Un renoncement

Après les élections britanniques, la confusion, qui en résulte, suggère que la probabilité d’un Brexit modéré a augmenté puisque Theresa May, ne disposant pas d’une majorité, sera obligée de composer. Pourtant ce n’est pas et cela ne peut pas être aussi simple car cela reflète un reniement du référendum sur le Brexit.

Une source de confusion vient de ce que l’image de l’Europe a profondément changé chez les britanniques en un an. L’image positive de l’Europe est majoritaire (54%) chez les britanniques selon une enquête menée par PEW Research Center au printemps 2017. C’est 10 points de plus que l’an dernier au moment du référendum.

Ma chronique pour Forbes sur le Brexit modéré est disponible ici

Le Brexit au coeur des élections britanniques

Interview

1-Le 23 juin 2016, les électeurs Britanniques faisaient le choix du Brexit. Un an après l’événement, les prévisions « apocalyptiques » qui avaient pu anticipées par certains responsables politiques semblent avoir été exagérées. Si les prévisions économiques du Royaume sont effectivement en baisse, comment expliquer ce décalage avec un discours politique et une réalité économique ? 

Les prévisions des économistes antérieures au référendum sur le Brexit faisaient état d’un écart négatif significatif à moyen terme entre le profil de l’économie après Brexit et sa tendance en cas de maintien au sein de l’UE. Ces chiffres de la London School of Economics ou encore du Trésor ne faisaient pas l’hypothèse d’une rupture immédiate et brutale mais d’un écart qui grandirait avec le temps. Les économistes ont été clairs sur ces questions. Qu’il y ait eu des raccourcis du côté des politiques en prenant les résultats de moyen terme pour des ruptures immédiates est typique d’une situation comme le référendum. Le temps qui était dans les  prévisions des économistes avait disparu. Le raccourci est naturel parce qu’il faut être percutant.

En outre, le Brexit n’a commencé que le 29 mars 2017 avec la notification de l’article 50 par Theresa May. Entretemps la monnaie britannique s’est franchement dépréciée, la politique monétaire a été beaucoup plus accommodante pour réduire les risques sur l’économie des conséquences du référendum et des touristes ont profité de la baisse de la monnaie pour visiter le Royaume Uni à bon compte. Lire la suite

759 traités à renégocier après le Brexit – Le lourd fardeau qui pèse sur le Royaume Uni

Les interrogations sur le Brexit demeurent – Certains espèrent même, comme la Banque D’Angleterre, que cela se passera vite et bien.
Cependant, cet article du FT devrait vous convaincre que le processus sera long, risqué et douloureux pour le Royaume Uni.
A partir du moment où le Royaume Uni sortira de l’UE et que le Brexit sera prononcé, il lui faudra renégocier 759 traités de toute sorte avec 168 pays. Cela aura lieu à partir de 2019.
Cela concerne des accords commerciaux, des accords agricoles, de pêche  mais aussi  l’autorisation de poser les avions britanniques sur le sol américain et toutes autres sortes d’engagements.
Il faut du monde pour traiter ces affaires, il faut du temps pour négocier de nouveaux accords. On ne peut pas faire l’hypothèse de Theresa May qui est d’espérer reconduire à l’identique les accords qui existent aujourd’hui. On ne peut pas non plus comme certains conservateurs l’imaginent revenir aux traités d’avant l’adhésion à l’UE (1973) ce serait grotesque. Certains pays ont déjà indiqué qu’ils ne joueraient pas nécessairement la coopération avec le Royaume Uni y compris des pays du Commonwealth.
L’idée selon laquelle il sera plus simple de faire du commerce sans Bruxelles est absurde et traduit une compréhension limitée du fonctionnement du commerce extérieur (on commerce principalement avec ses voisins)
La partie la plus simple du Brexit sera peut être celle qui débute actuellement avec l’Union Européenne car les ressources peuvent être concentrer sur les discussions avec Bruxelles.
Mais pouvez vous imaginer une matrice avec 759 lignes et 168 colonnes qu’il faudrait traiter en même temps pour limiter l’impact du Brexit. C’est une gageure et les Britanniques vont en ressentir l’impact durablement. Ils n’ont pas les moyens de traiter simultanément toutes ces questions sachant qu’un traité commercial se règle dans un délai de 5 à 10 ans.
On doit imaginer que cette sortie de l’UE sera  un choc négatif durable pour le Royaume Uni qui pénalisera durablement la croissance potentielle.
Le Brexit sera longtemps un gros caillou dans la chaussure des britanniques.
Lire cet excellent article du FT ici