La monnaie européenne va rester chère (texte in extenso)

L’euro avec une parité de 1,18/1,19 contre le dollar est devenu une monnaie chère. Mais la monnaie européenne s’est aussi renchérie face à toutes les monnaies puisque le taux de change effectif de l’euro est revenu à un niveau qui n’avait pas été observé depuis la fin de l’année 2014. L’alignement des planètes ne peut plus compter sur un euro qui se déprécie. Cela complique la tâche de la BCE puisque l’euro fort permet d’importer de la désinflation, éloignant ainsi la possibilité pour l’inflation de la zone de converger rapidement vers la cible de 2% fixée par la banque centrale de la zone.

On peut faire trois remarques préliminaires.
La première est que la hausse rapide de la monnaie de la zone apparaît comme une restriction monétaire. La politique monétaire est devenue plus contraignante et la BCE doit avoir un message confirmant le souhait d’une politique accommodante dans la durée afin de ne pas renforcer une éventuelle anticipation de changement de cap. La deuxième remarque est qu’un euro fort est cohérent avec l’excédent extérieur très élevé de la zone Euro. C’est la baisse de l’euro qui n’était pas compatible avec cet excédent. La dernière remarque est que le dollar est faible. Son taux de change effectif est à un plus bas depuis la fin de l’année 2016. L’Amérique ne va pas bien.

Une fois ces remarques faites, il y a trois explications pour comprendre ce mouvement des monnaies. Lire la suite

La monnaie européenne va rester chère

L’euro avec une parité de 1,18/1,19 contre le dollar est devenu une monnaie chère. Mais la monnaie européenne s’est aussi renchérie face à toutes les monnaies puisque le taux de change effectif de l’euro est revenu à un niveau qui n’avait pas été observé depuis la fin de l’année 2014. L’alignement des planètes ne peut plus compter sur un euro qui se déprécie. Cela complique la tâche de la BCE puisque l’euro fort permet d’importer de la désinflation, éloignant ainsi la possibilité pour l’inflation de la zone de converger rapidement vers la cible de 2% fixée par la banque centrale de la zone.

On peut faire trois remarques préliminaires.
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Lire la suite de ma chronique hebdomadaire pour Forbes ici

« Whatever it takes » Cinq ans après.

Le 26 juillet 2012 Mario Draghi à Londres a sauvé l'ensemble de la construction européenne.
Il indiquait que l'Europe était avant tout une construction politique et l'euro juste un instrument au sein de celle ci.
Cependant l'euro était à l'époque menacé d'explosion en raison des politiques d'austérité. Pour éviter cela et maintenir cette construction politique, la BCE est devenu prêteur en dernier ressort. Elle permettait ainsi d'éviter toute tension excessive susceptible de mener à l'explosion de la zone
Quelques jours plus tard la BCE mettait en place l'OMT, instrument de politique monétaire, lui donnant la capacité d'acheter des actifs notamment en Italie et en Espagne. Cette procédure a réduit les tensions sur les taux de ces deux pays réduisant ainsi le déséquilibre qui menaçait la construction européenne.

Le quantitative easing mis en place depuis est cohérent avec ces mesures.
La BCE a ainsi permis à la zone Euro de s'ajuster dans cette période trouble. Elle a pris le leadership dans la mise en ouvre de la politique économique en zone Euro. L'étape suivante est politique. La BCE a fait son travail et Mario Draghi en a été l'élément moteur.

J'ai fait un texte plus détaillé sur mon blog anglais. Vous pouvez le retrouver via le lien ci-dessous.

“Whatever it takes” Five years later | Philippe Waechter's blog
https://philippewaechter.en.nam.natixis.com/2017/07/26/whatever-it-takes-five-years-later/

La BCE n’a pas changé dans sa réflexion sur la politique monétaire de la zone Euro.

La BCE n'a pas modifié sa façon de réfléchir à la politique monétaire. C'est ce que l'on peut conclure après la réunion de la BCE ce jour. Les interprétations excessives qui avaient été faites après le discours de Draghi à Sintra ne sont pas validées.
Pour une analyse complète lire mon post sur la version anglaise de ce blog. Lire The ECB hasn’t changed its mind on its monetary policy | Philippe Waechter's blog
https://philippewaechter.en.nam.natixis.com/2017/07/20/the-ecb-hasnt-changed-its-mind-on-its-monetary-policy/

Les Banques Centrales changent-elles de tempo?

Les banques centrales sont-elles devenues des sources de confusion pour les investisseurs ? C’est ce que l’on pourrait penser après les propos tenus par Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, et par Mark Carney le gouverneur de la Banque d’Angleterre. Lors d’un séminaire organisé par la BCE, la semaine du 26 juin, l’un et l’autre ont eu des propos pouvant suggérer un changement rapide de la politique menée par ces deux institutions.

Mario Draghi s’est appuyé sur la plus grande robustesse du cycle économique en zone Euro pour signifier que la BCE devait en prendre compte dans la détermination de sa stratégie. Il a ainsi évoqué la disparition du risque déflationniste et l’apparition d’une situation de reflation. Ces propos ont immédiatement été interprétés comme le signal d’une fin programmée de la politique monétaire accommodante avec un arrêt dans un temps fini des achats d’actifs. Cela s’est traduit par une hausse de la monnaie européenne face au dollar et une remontée rapide des taux d’intérêt de long terme. La BCE a indiqué que ces mouvements étaient excessifs et traduisaient une sur-interprétation des propos de son président. Lire la suite