Les Banques Centrales changent-elles de tempo?

Les banques centrales sont-elles devenues des sources de confusion pour les investisseurs ? C’est ce que l’on pourrait penser après les propos tenus par Mario Draghi, le président de la Banque Centrale Européenne, et par Mark Carney le gouverneur de la Banque d’Angleterre. Lors d’un séminaire organisé par la BCE, la semaine du 26 juin, l’un et l’autre ont eu des propos pouvant suggérer un changement rapide de la politique menée par ces deux institutions.

Mario Draghi s’est appuyé sur la plus grande robustesse du cycle économique en zone Euro pour signifier que la BCE devait en prendre compte dans la détermination de sa stratégie. Il a ainsi évoqué la disparition du risque déflationniste et l’apparition d’une situation de reflation. Ces propos ont immédiatement été interprétés comme le signal d’une fin programmée de la politique monétaire accommodante avec un arrêt dans un temps fini des achats d’actifs. Cela s’est traduit par une hausse de la monnaie européenne face au dollar et une remontée rapide des taux d’intérêt de long terme. La BCE a indiqué que ces mouvements étaient excessifs et traduisaient une sur-interprétation des propos de son président. Lire la suite

Le dilemme de la Banque d’Angleterre

Sur mon blog anglais j’ai fait un petit papier sur l’arbitrage auquel la Banque d’Angleterre a à faire face. Il y a un choc persistant lié au Brexit mais aussi un taux d’inflation bien au-dessus de la cible de 2%. Comment faut il arbitrer? Pour l’instant la BoE a maintenu le statu quo mais sa marge s’est réduite. Le vote de 7 à 1 observé précédemment s’est transformé en un 5 pour le maintien du taux et 3 pour une hausse du taux de référence.
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Repères pour un retour de vacances

Au retour de vacances il est toujours nécessaire de se remettre les indicateurs à l’esprit.
Je vous propose une série de graphes avec un commentaire rapide pour reprendre mes publications sur ce blog.

Point 1Une croissance décevante au 2ème trimestre aux USA et en France
En France, le PIB a marginalement reculé au 2ème trimestre (-0.04% soit -0.2% en taux annualisé) et aux USA sa progression n’a été que de 0.3% soit 1.2% en taux annualisé. Pour la France c’est un coup d’arrêt lié à une dynamique interne privée qui s’est stoppée. Sa contribution à la croissance du PIB (en taux annualisé) passe de 3.6% au cours des trois premiers mois de 2016 à -0.1% au cours du printemps. La consommation s’est effondrée avec une contribution qui est passée de 2.5% à 0% et l’investissement des entreprises a chuté passant d’une contribution de +1.1% à -0.1%.
La prévision de 1.5% pour 2016 par le gouvernement est à risque car il faudrait 0.55% (soit 2.2% en taux annualisé) au 3ème et au 4ème trimestre pour atteindre cet objectif. On ne voit pas spontanément ce qui permettrait à l’économie française de se caler deux trimestres consécutivement au dessus de sa croissance potentielle. Lire la suite

L’inflation des banquiers centraux

J’ai aimé les discussions de Jackson Hole autour de l’inflation.
La BCE confirme qu’il y aura un peu plus d’inflation et qu’elle justifie ainsi la mise en œuvre du QE
La Fed et la BoE qui attendent que l’inflation accélère car lorsque ce sera le cas cela justifiera l’éventuelle mise en œuvre de politiques plus restrictives.
Mais dans les trois cas, l’inflation aujourd’hui est inexistante.
Cela donne une vision très bizarre indiquant que les banques centrales ne comprennent toujours pas franchement le mécanisme de déclenchement de l’inflation. C’est pour cela qu’il n’y a aucun urgence à intervenir et qu’il sera probablement plus efficace d’intervenir un peu trop tard qu’un peu trop tôt.
Notons aussi que l’inflation à 2% est juste celle qui est neutre pour les banques centrales car c’est l’objectif de l’ensemble de celles ci. Un taux d’inflation de 2% est équivalent à celui de la stabilité des prix. Il ne correspond en rien à un taux d’inflation qui divergerait au risque d’aller beaucoup plus haut.
Les banquiers centraux n’arrivent pas à retrouver un taux d’inflation durablement proche de la cible fixée et ils donnent le sentiment que la situation autour de cette cible est asymétrique: pas si mal en dessous et à combattre d’urgence au delà. Pas sûr que l’asymétrie soit souhaitable lorsque cela s’accompagne d’une progression salariale limitée qui nuit à la dynamique de la demande interne, source majeure de la croissance (voir ici)

La Banque d’Angleterre fait sa révolution

Après la Federal Reserve la Banque d’Angleterre a modifié sa communication sur sa politique monétaire.
Tant que l’économie était en phase de stagnation ou de croissance médiocre le banquier central n’avait pas de mal à convaincre les investisseurs qu’il maintiendrait sa politique monétaire très accommodante pendant très longtemps. Cela paraissait logique et c’était aussi une réduction d’incertitude alors que l’environnement économique et financier était très volatil. En outre cela rassurait l’ensemble des intervenants puisqu’ainsi la banque centrale ne relèverait pas ses taux d’intérêt trop vite en cas d’amélioration de l’activité.

C’est sur ce dernier point que la situation a changé. Lire la suite