La crise est elle toujours d’actualité? (version in extenso)


Oui…
En tout cas, c’est la réponse faite par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité de politique monétaire le 7 septembre dernier. Il indique ainsi la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante afin d’être encore un soutien à l’activité en dépit d’une reprise récente de la croissance. Cependant, l’économie n’arrive pas à retrouver le chemin d’une inflation plus élevée et cela traduit l’existence encore d’un déséquilibre.

De façon plus générale, je crois que l’économie mondiale, notamment la partie des pays occidentaux, est toujours dans une phase de crise si celle-ci se définit comme la période de transition entre deux trajectoires stables.
Je ne parle pas ici de crise financière résultant d’un abus de crédit pour financer l’accumulation d’un bien. Ces crises financières, comme celle de 2007/2008, existent depuis toujours.
Au-delà de cet aspect financier, deux sources majeures de déséquilibres se distinguent.  Ces sources persistent et maintiennent l’économie globale dans une configuration de crise. Lire la suite

La crise est elle toujours d’actualité?

Oui…
En tout cas, c’est la réponse faite par Mario Draghi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du comité de politique monétaire le 7 septembre dernier. Il indique ainsi la nécessité de maintenir une politique monétaire accommodante afin d’être encore un soutien à l’activité en dépit d’une reprise récente de la croissance. Cependant, l’économie n’arrive pas à retrouver le chemin d’une inflation plus élevée et cela traduit l’existence encore d’un déséquilibre.

De façon plus générale, je crois que l’économie mondiale, notamment la partie des pays occidentaux, est toujours dans une phase de crise si celle-ci se définit comme la période de transition entre deux trajectoires stables. …..

Lire la suite de ma chronique hebdomadaire pour Forbes ici

La décision de la BCE

La BCE maintient le cap et le statu quo. Les propos de Mario Draghi sont restés très modérés indiquant l’absence de précipitation dans la façon dont la BCE voulait gérer sa stratégie monétaire.
Pas d’information sur une éventuelle réorientation du QE. Cela sera présenté lors de la réunion d’octobre. Il y a eu des discussions mais aucun détail n’a filtré.
Les taux d’intérêt sont stables pour un bon moment et le resteront même après la fin du QE. Comme l’inflation ne convergera pas vers 2% avant 2020 si l’on suit les prévisions de la BCE alors les taux bas (0% sur le refi) seront encore là en 2019 (voir les prévisions ici).
Le quantitative easing n’est pas modifié à 60 milliards d’euros par mois jusqu’en décembre 2017 au moins. Cela ira au delà de cette date si les anticipations d’inflation de long terme ne convergent pas vers 2%.

Plus de croissance en 2017 mais moins d’inflation tout le temps selon la BCE

Vous trouverez ci-dessous les graphes relatifs aux prévisions de croissance, d’inflation et d’inflation sous jacente de la BCE après la réunion de septembre.  Il y a accélération de la croissance en 2017 mais statu quo, par rapport à juin, sur 2018 et 2019. En revanche, l’inflation se réduit, y compris l’inflation sous jacente. La convergence vers 2% ne se fera pas avant 2020. Imaginez alors des taux de la BCE au niveau actuel jusqu’en 2019.

BCE-2017-septembre-croissancePIB
bce-2017-septembre-inflation
BCE-2017-septembre-prev-inf-ssjacente

 

Le vent va souffler fort sur la Fed

Le départ anticipé de Stan Fischer à la mi-octobre va modifier en profondeur l’équilibre du board de la Fed. Jusqu’alors sur les 7 membres, 4 avaient été nommés par Obama et il restait 3 sièges vacants. L’avantage numérique était en faveur des anciens avec une politique cohérente.

Le départ de Fischer fait basculer l’équilibre puisque Trump devra nommer 4 membres. L’un est déjà nommé et attend la confirmation du Congrès c’est Randal Quarles un banquier privé qui s’occupera de la réglementation bancaire en remplacement de Tarullo.

Qui seront les 3 autres parmi lesquels le successeur de Janet Yellen? Celle ci pouvait éventuellement rester dans la configuration initiale aujourd’hui ce ne sera pas possible.

Quatre risques

1 – Que personne ne soit nommé rapidement – De nombreux postes de la haute administration n’ont pas été pourvus depuis l’arrivée de Trump. Pourquoi cela serait il différent avec la Fed?

2 – Le futur président sera t il un économiste comme c’est normalement le cas ? Où Trump prendra t il le risque de nommer quelqu’un sans cette qualification? Jimmy Carter avait fait ce choix en 1978 et cela avait été désastreux.

3 – Personne de talent ne se précipite pour les postes à pourvoir. C’est ennuyeux pour la qualité du board, de la politique monétaire et de la gestion conjoncturelle de l’économie américaine.

4 – Les républicains veulent depuis longtemps réduire l’indépendance de la Fed en l’obligeant notamment à suivre une règle de politique monétaire du type règle de Taylor – suivre systématiquement une telle règle ôterait toute capacité de jugement à la Fed.

Le départ de Stan Fischer est un vrai bouleversement et soulève de vrais inquiétudes