La BCE garde la main sur la politique monétaire

La BCE a adopté comme a pu la faire la Fed une attitude et une communication telles qu’au moment de la décision aucun investisseur n’est surpris. Pour la BCE il n’y a pas eu de surprise sur le fait que le montant des achats allait être réduit. L’incertitude portait sur le montant et la durée mais dans des marges que la BCE avait indiqué dans les minutes de sa dernière réunion. L’objectif est ainsi de modifier ex ante les anticipations des investisseurs pour ne pas prendre le risque d’une surprise lors de la publication de la décision.
Finalement s’il faut chercher une surprise c’est dans le maintien des forward guidance: la BCE continuera d’acheter au-delà de septembre 2018 si le profil de l’inflation ne suit pas ce qui est souhaité par la banque centrale et le taux refi restera au niveau actuel bien après la fin des achats d’actifs (Draghi n’aura peut être pas l’occasion de remonter les taux avant la fin de son mandat en octobre 2019).
La BCE ne veut pas prendre le moindre risque ni créer le risque d’anticipations divergentes par rapport à ce qu’elle souhaite afin de garder la main. Elle conditionne les anticipations par sa forward guidance mais celle ci, si nécessaire, pourra être ajustée non pas sur la pression d’anticipations divergents des investisseurs mais parce que la BCE l’aura décidé. Le rapport de force reste en faveur de la BCE.
Ces points n’ont pas été modifié montrant que l’ajustement des achats (dont la composition n’a pas été discuté) est une mesure finalement assez banale. On notera que Draghi a botté en touche sur le fait que pour certains pays (l’Allemagne) les souches disponibles ne seront pas suffisantes au regard du programme d’achats et que cela posera un problème dans la mise en place effective de celui ci. La souplesse du système sera suffisante pour contourner cet obstacle a indiqué Draghi (La BCE pourra manager le programme d’achat et les réinvestissements pour gérer cette question).

BCE – Réduction des achats

Sur la décision de la BCE

C’est l’option moyenne qui a été retenue par la BCE: 30 milliards pendant 9 mois à partir de janvier 2018. Les achats s’arrêteront en septembre 2018 sauf si la BCE considère que le profil de l’inflation n’est pas compatible avec celui cohérent avec l’objectif de la BCE.
La BCE se donne toujours la possibilité d’accroître le montant des achats et la durée de ceux-ci si cela est nécessaire.
La BCE a, à nouveau, indiqué que la hausse des taux ne se ferait que bien après la fin des achats nets de la BCE donc probablement pas avant la deuxième partie de 2019. De ce point de vue il n’y a pas de changement dans le « forward guidance ».
Dans la décision du jour, les taux sont inchangés.

La BCE a validé aussi le réinvestissement des revenus issus de son portefeuille. Associé au achats nets de 30 milliards cela veut dire que la BCE maintient une orientation très accommodante de sa politique monétaire sachant qu’en raison de la croissance robuste les émissions des Etats seront plus réduites. Pas de hausse des taux longs dans les prochains mois.
La BCE se donne une marge de manœuvre plus importante pour éventuellement arrêter rapidement ses achats après septembre (réduction en sifflet pour terminer en décembre 2018).
La BCE reste toujours très accommodante pour une longue période