Le cycle économique en France et la politique économique

La croissance française sera de 1,8% en 2017 et de 1,7% en 2018. Ces chiffres apparaissent aujourd’hui plutôt fort puisque de 2013 jusqu’au 3ème trimestre de 2017 la croissance tendancielle de l’économie française a été d’un peu plus de 1,1% en rythme annualisé. C’est donc un bon cru. Cependant, la comparaison avec la période d’avant-crise est cruelle. De 2000 à 2008 la croissance tendancielle de l’économie française était de 1,8%. Elle pouvait donc aller bien au delà de ce chiffre de 1,8% qui apparaît aujourd’hui comme le point haut du cycle.

Une telle situation cyclique donnait des degrés de liberté pour tous car la croissance pouvait ainsi aller bien au-delà de cette tendance (elle était ainsi de 4% en 2000). Dans la mise en œuvre de la politique économique française, ce point haut du cycle n’était généralement pas perçu comme une opportunité pour adopter une stratégie plus restrictive. Collectivement, les Français ont été incapables de réduire les déséquilibres lorsque la croissance était très forte, notamment sur le plan budgétaire. La cagnotte, concept budgétaire français inventé dans les périodes de croissance élevée, permettait de justifier toute sorte de dépenses puisque les recettes avaient augmentées. Lire la suite

Interview sur les enjeux de l’actualité économique que j’ai donné au blog Economens des étudiants de l’ENS

"Celui à qui l’on a vendu l’austérité et qui constate une dégradation des services publics se dit qu’on lui raconte des cracks" – Economens a interviewé P. Waechter

Lire l'interview en suivant le lien
https://economens.wordpress.com/2017/07/30/celui-a-qui-lon-a-vendu-lausterite-et-qui-constate-une-degradation-des-services-publics-se-dit-quon-lui-raconte-des-cracks-economens-a-interviewe-p-waechter/

Trumponomics

Publié initialement, le 27 Janvier, sur le site Forbes.fr sous le titre « A La Recherche Des Fondements De La Trumponomics » et disponible ici

Le commerce mondial est un jeu à somme nulle : « Ce que je gagne, tu le perds et ce que tu gagnes, je le perds ». C’est en résumé la lecture qu’a Donald Trump de l’économie globale. Il faut donc accroître la part du gâteau américain et, en parallèle, se donner les moyens d’affaiblir le reste du monde.

Dans son discours d’investiture, c’est ce cadre qui sert de référence au discours économique. Ce cadre économique restreint apparaît finalement comme un moyen et un support aux choix politiques faits par la nouvelle administration américaine. Une expression lapidaire résume cette stratégie : « Acheter américain, embaucher américain » Lire la suite

Mon article: « The World Has Changed, …. »

Vous trouverez ci-dessous le lien vers un article « The World Has Changed, and There Is a Need for Proactive Fiscal Policies » que j’ai publié dans la revue « International Banker » en janvier. Il analyse la dynamique conjoncturel et le déséquilibre des politiques économiques mises en oeuvre.

« There is an economic and political malaise in many developed countries. For most of them, their growth profile is lower than what it was before the 2007/2008 crisis. In the US, the trend growth is marginally above 2 percent, and this cycle is the weakest since World War II. And even if the unemployment rate is low, close to full employment, the perception is that there are still rooms for improvement, but in an environment without wage pressures. This is a new situation….« 

Lire ici 

Olivier Blanchard – Le grand économiste français quitte le FMI

L’économiste français  Olivier J. Blanchard qui dirigeait la recherche économique au FMI depuis septembre 2008 a pris sa retraite de l’institution internationale. Il était déjà professeur émérite au MIT (voir ici sa page personnelle sur le site du MIT). 

Steven Pearlstein a écrit un très beau et très complet portrait dans le Washington Post. Je vous incite à le lire à la fois pour sa carrière au MIT et ses apports dans la compréhension pointue de la macroéconomie mais aussi pour l’histoire qu’il a contribué à écrire lorsqu’il était au FMI.

On peut lire aussi l’article plus court de Paul Krugman lui rendant hommage notamment sur sa période au FMI et la façon avec laquelle Olivier Blanchard a fait bouger les lignes de la politique économique. 

A titre personnel, c’est un auteur remarquable car il a toujours essayé, dans ses livres ou ses articles, d’améliorer la compréhension que l’on pouvait avoir de phénomènes complexes avec des modèles simples. Sur cet aspect il me fait penser au grand James Tobin. 

Le 1er octobre, Olivier Blanchard a démarré une nouvelle carrière au Peterson Institute (voir ici) et nous bénéficierons encore de son talent. Peut être aura-t-il un jour l’idée d’écrire sur la crise telle qu’il l’a vécue comme chef économiste du FMI. Je suis prêt à réserver mon exemplaire dès maintenant. 

L’article de Steven Pearlstein est ici

L’article de Paul Krugman est ici 

Olivier Blanchard’s tenure at the IMF capped a lifelong effort to restore economics as a disciplined way of thinking about the world that is truthful, intuitive and useful. (Marvin Joseph/The Washington Post)