L’Europe dans l’élection présidentielle française

L’élection présidentielle française est avant tout un choix politique sur la place que les français souhaitent donner à la France. Le premier tour de ces élections a bien montré que les français n’étaient plus très à l’aise avec l’image qu’ils avaient de la France. Les partis de gouvernement traditionnels ont été exclus du deuxième tour. Il y a un besoin profond de changer et de choisir la trajectoire de la société française. Ce malaise se reflète dans le choix en faveur de ou contre l’Europe. Ce choix écarte tous les autres. On ne peut pas comparer des programmes si cette appartenance à l’Europe n’est pas éclaircie. C’est pour cela que la dimension économique n’est pas décisive et que les choix ne se feront pas la-dessus. D’ailleurs il a été très peu question d’économie depuis le début de la campagne, les candidats évoquent davantage le cadre dans laquelle la France devrait s’inscrire.

La prééminence du politique sur l’économique a été observée encore récemment lors des élections présidentielles aux USA mais aussi lors du référendum britannique. Les supporters du maintien dans l’Union Européenne parlaient principalement des conséquences économiques d’une sortie alors que les défenseurs du Brexit parlaient de la Grande Bretagne, de ses habitants et de leur place dans le monde. L’élection présidentielle américaine s’est inscrite dans la même logique. Donald Trump ne s’est pas fait élire sur le programme économique celui-ci ne reflétant que l’idée de moins d’Etat mais d’un Etat fort et rassurant. C’est cette vision politique de l’Amérique, seule contre le reste du monde, qui a porté Donald Trump à la Maison Blanche. Ces éléments doivent nous faire réfléchir en ne nous focalisant pas que sur les questions économiques. Lire la suite

La Monnaie Commune qui ne pourra exister – En route vers l’instabilité

Dans une interview au Parisien, Marine Le Pen donne son projet sur le cadre monétaire qui serait mis en place au cas où elle remporterait l’élection présidentielle.
Elle indique qu’elle souhaite que l’euro, monnaie unique, se transforme en monnaie commune et que la France puisse disposer d’une monnaie nationale.
Techniquement, comme le suggère Bernard Monot, l’économiste du Front National, cela reviendrait à revenir au Système Monétaire Européen (SME) dans sa version finale avec des marges de fluctuation de +/-15% autour d’un cours pivot.  La monnaie unique, euro, n’aurait plus de pouvoir libératoire au quotidien.
Dans une première approche cela pourrait avoir un caractère rassurant puisque le Système Monétaire Européen a plutôt bien fonctionné pendant 20 ans de Mars 1979 à Janvier 1999 lorsque l’euro a été créé.
Rappelons que l’Ecu était une monnaie commune aux pays membres du SME. Chaque monnaie nationale était définie par un cours pivot avec l’Ecu et des marges de fluctuations. Celles-ci étaient au départ de 2.25%. Le cours pivot pouvait être ajusté à la hausse ou à la baisse. L’objectif était néanmoins de rester dans les marges de fluctuation afin de réduire l’incertitude sur le cadre monétaire européen et faciliter les échanges et la croissance. En 1993, les marges de fluctuation ont été élargies à +/-15%.

Cependant, ce n’est pas aussi simple   Lire la suite

L’Europe dans l’élection présidentielle française

L’élection présidentielle française est avant tout un choix politique sur la place que les français souhaitent donner à la France. Le premier tour de ces élections ont bien montré que les français n’était plus très à l’aise avec l’image qu’ils avaient de la France. Les partis de gouvernement traditionnels ont été exclus du deuxième tour. Il y a un besoin profond de changer et de choisir la trajectoire de la société française. Ce malaise se reflète dans le choix en faveur de ou contre l’Europe. Ce choix écarte tous les autres. On ne peut pas comparer des programmes si cette appartenance à l’Europe n’est pas éclairci. C’est pour cela que la dimension économique n’est pas décisive et que les choix ne se feront pas la dessus. D’ailleurs il a été très peu question d’économie depuis le début de la campagne, les candidats évoquent davantage le cadre dans laquelle la France devrait s’inscrire…..

La suite de ma chronique pour Forbes est à lire ici

Charles Wyplosz sur le rejet de l’Europe

Excellent papier de Charles Wyplosz sur la dynamique européenne, son inquiétude sur le rejet de l’Europe et ses propositions sur la nécessité de réformer davantage par petites touches que par la révolution.
« Vilipender l’Europe fait recette ces jours-ci. Il y a eu toujours eu des souverainistes, c’est bien normal, mais ils constituaient une petite minorité ésotérique, essentiellement positionnée aux extrêmes de l’échiquier politique. Ce n’est plus le cas, et ce n’est même plus surprenant.
L’explication habituelle est le syndrome de Barbe Bleue »
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