La Monnaie Commune qui ne pourra exister – En route vers l’instabilité

Dans une interview au Parisien, Marine Le Pen donne son projet sur le cadre monétaire qui serait mis en place au cas où elle remporterait l’élection présidentielle.
Elle indique qu’elle souhaite que l’euro, monnaie unique, se transforme en monnaie commune et que la France puisse disposer d’une monnaie nationale.
Techniquement, comme le suggère Bernard Monot, l’économiste du Front National, cela reviendrait à revenir au Système Monétaire Européen (SME) dans sa version finale avec des marges de fluctuation de +/-15% autour d’un cours pivot.  La monnaie unique, euro, n’aurait plus de pouvoir libératoire au quotidien.
Dans une première approche cela pourrait avoir un caractère rassurant puisque le Système Monétaire Européen a plutôt bien fonctionné pendant 20 ans de Mars 1979 à Janvier 1999 lorsque l’euro a été créé.
Rappelons que l’Ecu était une monnaie commune aux pays membres du SME. Chaque monnaie nationale était définie par un cours pivot avec l’Ecu et des marges de fluctuations. Celles-ci étaient au départ de 2.25%. Le cours pivot pouvait être ajusté à la hausse ou à la baisse. L’objectif était néanmoins de rester dans les marges de fluctuation afin de réduire l’incertitude sur le cadre monétaire européen et faciliter les échanges et la croissance. En 1993, les marges de fluctuation ont été élargies à +/-15%.

Cependant, ce n’est pas aussi simple   Lire la suite

Sortie de la zone Euro – Les incertitudes et les risques

Cet article a été publié initialement, le 16 février, sur le site de Forbes, sous le titre: « Les risques d’une sortie de la zone Euro », il est disponible ici.

Il est reproduit ci-dessous in-extenso

Les échéances électorales se rapprochent en France et les enjeux se font plus précis. Une question souvent évoquée est celle de la sortie de la France de la zone Euro. Les commentateurs s’intéressent beaucoup à ce qui se passera après, c’est-à-dire une fois que la sortie sera actée. Ils ont raison car il y a effectivement toute une série de questions qui sont pertinentes. Lire la suite

La France, l’euro, les incertitudes et les risques – Ma contribution pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur les risques d’une sortie de la France de la zone Euro

Les échéances électorales se rapprochent en France et les enjeux se font plus précis. Une question souvent évoquée est celle de la sortie de la France de la zone Euro. Les commentateurs s’intéressent beaucoup à ce qui se passera après, c’est-à-dire une fois que la sortie sera actée. Ils ont raison car il y a effectivement toute une série de questions qui sont pertinentes.
Cependant, l’absence de réponses précises à ces questions engendre de l’incertitude. Dès lors, même avant un éventuel changement institutionnel, les comportements peuvent changer de façon spectaculaire. Les exemples argentin et grec sont, de ce point de vue, très éclairants. ….
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Une zone Euro à deux vitesses: pas une bonne idée

Dans un article paru ce matin dans le Financial Times (lire ici), le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz suggère la mise en place d’une zone Euro à deux vitesses.
Il y a deux points qui sont développés dans l’article. Le premier est l’habituel dénigrement de l’euro de la part de nombreux économistes américains;  c’était une très mauvaise idée qui ne pouvait pas fonctionner. Le deuxième aspect est la nécessité d’une zone à deux vitesses. Les économies au sein de la zone n’ayant pas les mêmes caractéristiques ni la même dynamique, les ajustements s’opèrent mal. Dès lors la dynamique globale de la zone est inefficace. C’est pour cela qu’il faut adapter la zone Euro avec deux monnaies selon Stiglitz.

Je ne crois pas qu’une zone Euro à deux vitesses soit une bonne idée. Je crains que cela se traduise par la disparition de la zone Euro. Lire la suite

Et s’il était mieux pour tout le monde que les Allemands quittent la zone euro? Interview

Le lien vers le document initial est ici
Nous avons posé la question à Philippe Waechter, directeur des études économiques de Natixis AM. Il nous répond ci-dessous.

Je ne crois pas en cette dynamique pour au moins deux raisons.
La première est que l’Allemagne est en train progressivement de jouer le rôle de locomotive de la zone Euro. Ses marchés à l’exportation sont moins robustes notamment en Asie et l’Allemagne se recentre sur sa dynamique interne. La consommation a progressé de 3% en taux annualisé aux 3ème et 4ème trimestre 2014 et la consommation est soutenue en ce début d’année. La hausse des salaires et les marges que veut se donner le ministre des finances Wolfgang Schauble sur le plan budgétaire renforcent cette idée d’une demande intérieure plus robuste. Ce changement en Allemagne était souhaité car les ajustements violents observés dans les pays périphériques depuis 2012 avaient laminé la demande interne de la zone Euro. L’Allemagne peut inverser la tendance aidée en cela par l’Espagne notamment.

De plus, Lire la suite