Un graphe pour illustrer le problème structurel des Etats-Unis

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Ce graphe est issu d’un article de dans le NY Times que vous pouvez retrouver ici

Il montre de façon impressionnante la façon dont la distribution des revenus a changé depuis 1980 aux USA.
En 1980 les revenus les plus faibles bénéficiaient d’un effet de rattrapage par rapport aux revenus les plus élevés. Ils progressaient plus vite que les revenus plus élevés.
En 2014 ce n’est plus du tout le cas. Chaque centile de revenu progresse moins vite que les centiles supérieurs dans la distribution. Il n’y a plus rattrapage mais divergence. Les écarts s’accentuent de façon spectaculaire pour les revenus des derniers centiles (voire du dernier centile).
Pour dire les choses autrement: en 1980 les 20% ayant les revenus les plus faibles avaient une croissance de leur revenu supérieure à la moyenne (2.5% hors inflation). En 2014, les 20% ayant les revenus les plus élevés ont une croissance de leur revenu supérieure à la moyenne de 1.4% (hors inflation).
La baisse des impôts sur le revenu proposée par  Trump et les républicains accentuerait encore davantage ces écarts. L’impact macroéconomique ne serait alors pas positif, probablement négatif.
« Most Americans would look at these charts and conclude that inequality is out of control. The president, on the other hand, seems to think that inequality isn’t big enough. »

Fed: La normalisation annoncée 

La Federal Reserve a remonté son taux d’intérêt de référence de 25 points de base. Il s’inscrit désormais dans le corridor [1; 1.25%]. C’est la 4eme hausse de taux depuis décembre 2015.
L’impact est très limité sur les taux d’intérêt car la Fed l’avait annoncée. C’est d’ailleurs la même stratégie qui est adoptée sur la question de la gestion du bilan. En communiquant très à l’avance chaque investisseur peut modifier ses anticipations et l’équilibre de son portefeuille. De la sorte, lorsque la nouvelle est effective l’impact est faible. Cela est aussi observable sur les marchés émergents qui se portent bien en dépit de la hausse des taux US. Par le passé, il y avait rapatriement de capitaux lors du resserrement de la Fed car les investisseurs étaient surpris. Là ils ne le sont pas.

La banque centrale américaine considère que ses objectifs sont atteints ou quasiment avec un taux de chômage a 4.3% et un taux d’inflation proche de 2%.  Lire la suite

L’accord de Paris et l’équité pour les américains

L’accord de Paris est il inéquitable pour les Etats-Unis? Donald Trump a expliqué son retrait de l’accord par un prix trop important à payer pour les américains.
En utilisant trois mesures différentes le professeur de Princeton Peter Singer montre que ce n’est pas le cas et que les Etats-Unis étaient dans une situation plutôt avantageuse selon les termes de l’engagement pris par Barack Obama.
Une mesure simple: les USA représentent 5% de la population mondiale mais 15% des émissions. La logique pourrait être d’obliger les USA à réduire leurs émissions de 2/3. Or Obama avait signé pour une réduction de 27% des émissions enregistrées en 2005 à l’horizon 2025. Est ce vraiment inéquitable?
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Où est la politique économique américaine?

Donald Trump pensait qu’il serait facile de remplacer Obamacare par Trumpcare. Cela a été une erreur et Obamacare restera le système de santé de millions d’américains.
Dans sa campagne, Trump avait aussi indiqué que le commerce extérieur américain était l’otage d’accords commerciaux injustes et toujours en défaveur des USA.
Il est en train de comprendre que la question est beaucoup plus complexe que ce qu’il avait pu imaginer. Désormais ce que l’on peut attendre c’est que rien d’important ne changera. Il y avait un risque de conflit commercial avec le Mexique puis avec la Chine. Ce n’est plus le cas.
Le communiqué de presse publié à l’issue de la rencontre entre Donald Trump et Xi Jingping ne montre pas les prémices d’une guerre commercial. C’est juste une discussion avec de probables concessions que fera la Chine sur les exportations américaines. Ce n’est pas le début d’un conflit et le surplus chinois est là pour durer encore un bon moment.
En un mot, la campagne du candidat Trump reposait sur l’abrogation de l’Obamacare et sur la possibilité d’une guerre commerciale. Ces deux stratégies ont déjà échoué en moins de 100 jours de présidence Trump. Que va-t-il se passer maintenant? Quelle pourra être la crédibilité de la Maison Blanche? Et qui s’en souciera? Les 4 prochaines années risquent d’être longues…

L’échec de la stratégie de Trump est très clairement expliqué par Paul Krugman dans une tribune du NY Times publié au début du mois d’avril
« Pendant la campagne, Donald Trump a parlé très fort et très souvent de la manière dont il comptait renégocier « les accords commerciaux horribles » des États-Unis et ainsi recréer des millions de vrais bons emplois. Pourtant, jusqu’à présent, rien ne s’est produit. Non seulement la politique commerciale de Trump – le TrumpTrade – n’est nulle part dans les faits ; il n’y a pas non plus la moindre indication de ce qu’elle implique. »
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La Fed, la BCE: 2 politiques monétaires qui ne convergent pas

Voici la version in extenso de ma chronique publiée sur Forbes.fr et qui est disponible ici

La dynamique actuelle des politiques monétaires est fascinante. La Federal Reserve (la Fed), la banque centrale des Etats-Unis, vient d’annoncer la mise en place à la fin de l’année d’une stratégie en rupture avec celle mise en œuvre depuis décembre 2008. La Fed sortirait enfin de la crise financière qui a débuté en 2007/2008. De son côté la Banque Centrale Européenne (BCE) maintient le cap d’une politique très accommodante dans la durée. La zone Euro n’est pas, elle, capable de réduire les béquilles monétaires qui ont suivi la crise de 2008 et celle de 2012.

Il y a plusieurs points de divergence entre les deux géants économiques. Lire la suite

La Fed, la BCE: 2 politiques monétaires qui ne convergent pas – Ma contribution pour Forbes

Ma chronique hebdomadaire publiée sur http://www.forbes.fr  est disponible ici
Le thème cette semaine porte sur la divergence des politiques monétaires aux USA et en zone Euro

« La dynamique actuelle des politiques monétaires est fascinante. La Federal Reserve (la Fed), la banque centrale des Etats-Unis, vient d’annoncer la mise en place à la fin de l’année d’une stratégie en rupture avec celle mise en œuvre depuis décembre 2008. La Fed sortirait enfin de la crise financière qui a débuté en 2007/2008. De son côté la Banque Centrale Européenne (BCE) maintient le cap d’une politique très accommodante dans la durée. La zone Euro n’est pas, elle, capable de réduire les béquilles monétaires qui ont suivi la crise de 2008 et celle de 2012. »
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