BCE, Politique Monétaire, Allemagne – Ma chronique du lundi

Mario Draghi est un cachottier. Lors de sa dernière conférence de presse , il n’avait pas indiqué le changement de communication que la Banque Centrale Européenne s’apprête à mettre en œuvre à partir du mois de janvier.
La BCE prend enfin en compte la robustesse du cycle économique et sa communication doit s’ajuster à cette inflexion. C’est plutôt une bonne nouvelle, car jusqu’à présent elle donnait le sentiment d’être toujours en mode de réaction face à un environnement qui pourrait se dégrader rapidement. Ce changement renforce la confiance que l’on peut avoir dans l’ampleur du cycle économique et dans sa durée. L’autre point souligné par la BCE est de ne plus se focaliser uniquement sur l’inflation mais d’avoir une communication plus large. Implicitement la BCE élargit son mandat mais dans les faits c’est ce qu’elle faisait déjà. Depuis le début de l’euro en 1999 la BCE cale son intervention sur le cycle économique plutôt que sur l’inflation.  Le graphe ci-dessous retrace l’indice synthétique calculé par Markit et la différence sur 5 mois du taux de refi de la BCE. Les changements de ce dernier sont clairement calés sur les inflexions du cycle et pas tant que cela sur l’inflation.
La BCE renoue avec son comportement d’avant la crise de 2007. Lire la suite

Juste un tableau sur la distribution des revenus dans le monde

Le profil d’évolution des revenus a été très divers selon les pays/zones géographiques entre 1980 et 2016. L’effet du rattrapage de la croissance a été très fort en Chine et en Inde mais nettement moins marqué en Russie. L’Europe fait moins bien que la moyenne mondiale.

La distribution des revenus au sein de chacun de ses pays/zone est aussi souvent très différenciée. Au sein des pays développés les profils américain et européen ne sont pas comparables. La Russie des oligarques est la plus spectaculaire pour les revenus au-delà du top 1%.

Ce tableau est tiré du rapport World Inequality Report (wir2018.wid.world )
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2018 – De fortes anticipations dans un monde qui a changé

J’ai envie de partager avec vous l’optimisme que l’on peut avoir pour 2018. Le commerce mondial est reparti à la hausse, le prix du pétrole est encore raisonnable et partout dans le monde les chefs d’entreprise ont une perception positive de leur environnement. Le point de départ pour 2018 est solide.
La croissance, et l’emploi qui en résultera, permettra à chacun de mieux reprendre pied dans un monde complexe et difficile. Il incombera aux politiques économiques d’être attentives aux réformes à mettre en œuvre afin de créer les conditions d’une reprise plus riche en emplois et susceptible de réduire l’incertitude à l’échelle de chaque citoyen. C’est un des aspects attendus des réformes qui seront discutées en 2018 en France. Les orientations à prendre sur la formation et les compétences qui sont au cœur de la politique du gouvernement seront le complément nécessaire aux ordonnances sur la loi travail pour rendre le marché du travail plus efficace. Lire la suite

Bitcoin

J’aime bien le cadrage présenté sur le Graphe. Le bitcoin a l’allure d’une bulle et c’est tout. On peut le parer de toutes les vertus (notamment face aux politiques monétaires non orthodoxes )mais pour l’instant ce n’est qu’une bulle

Les inégalités vues par Angus Deaton

On accuse les inégalités d’être l’une des causes du populisme qui s’est manifesté en 2016 et 2017. Mais comment les définir ? Freinent-elles la croissance ou au contraire la stimulent-elles ? Dans quelle mesure affaiblissent-elles la démocratie ? Est-ce qu’elles tuent en poussant au suicide ou à mourir de désespoir ? Ou bien sont-elles un mal nécessaire qu’il faut accepter au moins dans une certaine mesure ?

Je me suis souvent posé ces questions. Mais elles sont sans réponse, mal posées et pas véritablement pertinentes. Elles sont la conséquence plutôt que la cause de processus économiques, politiques et sociaux. Certains de ces processus sont souhaitables, d’autres non, et certains entièrement négatifs. C’est seulement en faisant le tri entre ces processus que nous pouvons appréhender les inégalités et y faire face.

Ne confondons pas inégalité et iniquité.
Lire la suite ici sur Project Syndicate

Inégalités des revenus et sur le marché du travail

Le rapport récent publié par l’Ecole d’Economie de Paris montre l’évolution des inégalités de revenus dans le monde. Il calcule la part considérable des revenus les plus élevés dans l’ensemble des revenus et aboutit à une situation franchement préoccupante. Ainsi, à l’échelle mondiale, le 1% des revenus les plus élevés a-t-il capté 27% de la croissance globale des revenus depuis 1980 (hors effet inflation). Sur la même période les 50 % ayant les revenus les plus réduits n’ont capté que 12% de la croissance de ce revenu. Clairement le monde a changé de référent sur la période. Les trajectoires par pays sont parfois encore plus marquées. Cependant, la situation des inégalités en Europe est relativement stable sur la période depuis 1980.

Les inégalités dans la répartition des revenus posent de nombreuses questions, notamment celle de la nécessité de trouver une croissance forte et durable. Si celle-ci ne profite qu’à une très faible minorité alors la croissance à tout prix ne peut pas être un objectif unique. L’approche par le ruissellement qui suggère que des riches plus riches auront un impact positif sur les pauvres ne marche pas du tout. Il faut donc définir d’autres objectifs et des instruments à côté de la croissance pour avoir une société plus harmonieuse. Lire la suite

Investissement public en France: le changement de 2018

La rupture dans la note de conjoncture de l’INSEE c’est le retour de l’investissement public en 2018. C’était un signal attendu pour imaginer, en créant une incitation supplémentaire sur l’investissement privé, que la croissance potentielle puisse repartir durablement à la hausse.
Cette inflexion est en phase avec le plan d’investissement présenté par Jean Pisani Ferry qui doit permettre de se focaliser sur les compétences, l’innovation, la dynamique du numérique mais aussi principalement (en montant) la transition écologique. C’est une rupture après les 10 années qui viennent de s’écouler durant lesquelles l’investissement public a été, comme dans tous les pays développés, une source d’ajustement des dépenses publiques. Le rebond est cependant encore insuffisant pour être satisfaisant. C’est une première étape.
France-Inve-public

L’investissement public a un rôle majeur dans la dynamique de l’innovation car l’Etat est le seul acteur de l’économie à ne pas avoir d’aversion au risque car il ne doit pas avoir de contrainte immédiate de rentabilité. Il peut donc se lancer dans des projets non viable financièrement par le secteur privé pour permettre de développer une technique qui sera dans le futur exploité par le secteur privé qui fera des brevets trouvés un objet commercial.