La décision de la BCE

La BCE maintient le cap et le statu quo. Les propos de Mario Draghi sont restés très modérés indiquant l’absence de précipitation dans la façon dont la BCE voulait gérer sa stratégie monétaire.
Pas d’information sur une éventuelle réorientation du QE. Cela sera présenté lors de la réunion d’octobre. Il y a eu des discussions mais aucun détail n’a filtré.
Les taux d’intérêt sont stables pour un bon moment et le resteront même après la fin du QE. Comme l’inflation ne convergera pas vers 2% avant 2020 si l’on suit les prévisions de la BCE alors les taux bas (0% sur le refi) seront encore là en 2019 (voir les prévisions ici).
Le quantitative easing n’est pas modifié à 60 milliards d’euros par mois jusqu’en décembre 2017 au moins. Cela ira au delà de cette date si les anticipations d’inflation de long terme ne convergent pas vers 2%.

Quantitative Easing de la BCE – Le contresens d’un candidat dans une interview au Parisien

Vidéo

Dans cette vidéo (interview au Parisien) Marine Le Pen évoque la BCE.
Elle indique que la réduction du quantitative easing (QE) de la BCE (de 80 milliards par mois jusqu’en mars 2017 à 60 milliards à partir d’avril et jusqu’en décembre prochain au moins) traduit le fait que la BCE ne croit plus à l’euro. C’est un contresens incroyable
La BCE a mis en place le QE afin de soutenir la zone Euro afin de retrouver une allure de croissance et d’inflation plus compatible avec ses objectifs. Elle a réduit le montant car elle considère que le risque de déflation s’est réduit et que la croissance a une meilleure allure.
Ce contresens est impressionnant de la part d’un candidat à l’élection présidentielle.
Mais est ce un contresens ou une manipulation pour tromper?

 

BCE: il ne manque plus que la croissance

Les conditions financières sont accommodantes avec des taux d’intérêt qui seront au plus bas pendant très longtemps. De ce côté-là, plus rien à attendre, Mario Draghi a indiqué que le point bas avait été touché. Les craintes que l’on pouvait éventuellement avoir sur le système bancaire sont désormais prises en charge par la BCE avec un TLTRO très avantageux au niveau des taux d’intérêt pour les banques. Le TLTRO est une opération qui permet l’échange de papier (risqué) du bilan des banques pour de la liquidité de la banque centrale. Enfin la BCE élargit le montant des achats et le type d’actifs qu’elle pourra acheter en incluant les papiers des entreprises non bancaires.
Plusieurs réflexions sur ces annonces: Lire la suite

La BCE est volontariste mais ne remplit que la moitié du verre

Après l’annonce des mesures nouvelles prises par la BCE (lire ici), plusieurs commentaires s’imposent

• Sur les mesures il n’y a pas de surprises. C’est cohérent avec ce que j’attendais.

• La politique de la BCE sera accommodante au moins jusqu’à la fin 2017. On ne peut exclure qu’elle le reste au delà de cette date si les anticipations d’inflation n’ont pas l’allure souhaitée par la BCE.

• Elles reflètent les limites de la politique monétaire. Même avec une stratégie non-orthodoxe, la BCE n’arrive pas à imaginer que son objectif d’inflation à 2% puisse être atteint avant 2018. Ce sera surement après.

• La BCE ne peut pas faire tout le travail toute seule même si elle met en place les orientations les plus accommodantes.
La convergence vers une croissance équilibrée se heurte au caractère unijambiste de la politique économique en zone Euro. La théorie de la politique «économique nous enseigne qu’il faut autant d’instrument que d’objectifs. Il y a deux objectifs : la croissance et l’inflation qui sont tous les 2 bien en dessous des attentes mais il n’y a qu’un seul instrument la politique monétaire. Cela ne peut pas fonctionner de façon efficace. Cela inscrit l’économie sur une trajectoire de croissance trop basse pour être compatible avec le plein emploi.

• Il faut une politique budgétaire plus active et plus volontariste pour compléter la politique de la BCE. Ce n’est que dans ces conditions que la croissance pourra être forte et durable.

• D’ailleurs Draghi ne dit pas autre chose lorsqu’il souligne la nécessité d’une reprise plus robuste pour créer des pressions nominales et permettre à l’inflation de converger vers 2%.

• C’st ici que l’on mesure le désarroi que l’on pouvait lire sur le visage de Draghi pendant la conférence de presse. Il met en place des mesures de grande ampleur mais sans que le résultat soit aussi robuste que souhaité.

• Pourtant la stratégie de la BCE a fonctionné car les taux d’intérêt sont bas et pas très volatils, la fragmentation financière s’st réduite et le crédit repart. Tout cela est lié à la politique de la BCE. Le reste c’est à dire le comportement des acteurs de l’économie n’est pas directement lié à des questions monétaires même si elles sont majeures. LE QE a fonctionné mais il manque d’efficacité sans soutien budgétaire.

• Draghi reste dans le cadre qu’il avait dessiné à Jackson Hole en 2014 lorsqu’il évoquait la nécessité d’une politique budgétaire volontariste à l’échelle de la zone Euro. Cela lui avait valu les foudres d’Angela Merkel

• On va disposer d’un cycle plus robuste dans les 2 années qui viennent mais l’on ne peut pas faire l’hypothèse que l’économie aura alors converger vers une trajectoire plus élevé.

• C’est à la fois préoccupant et effrayant car la convergence vers le plein emploi ne se fera pas  au risque d’entrainer de l’instabilité politique.

Les Mesures Prises par la BCE

La BCE décide d’allonger la durée du QE jusqu’à Mars 2017 au moins. Elle s’arrêtera si les anticipations d’inflation convergent vers 2% à cette date.
Elle décide aussi de réinvestir les recettes issues des actifs détenus accroissant ainsi le montant du QE.
Les actifs éligibles sont élargis désormais aux  actifs de marché des gouvernements régionaux et locaux de la zone euro.
Les opérations d’ajustement monétaire se feront à taux fixe et au montant souhaité par les intervenants jusqu’à la fin de 2017 au moins.
Le taux des facilités de dépôts est réduit de 10 bp à -0.3%.

La politique monétaire sera accommodante jusqu’à la fin 2017 au moins.

La BCE Volontariste

Verbatim de ma chronique du jour

La Banque Centrale Européenne maintiendra sa stratégie monétaire accommodante car la résolution des déséquilibres qui marquent la zone Euro ne peut s’inscrire que dans la durée. En outre, elle ajustera ses pratiques aux conditions de marché.

Le premier aspect est développé de façon récurrente par Mario Draghi. Il veut convaincre l’ensemble des intervenants que la Banque Centrale Européenne maintiendra l’ensemble des mesures prises jusqu’au bout. Il n’est pas question pour lui de laisser transparaitre la possibilité d’un arrêt avant la fin programmée de cette stratégie monétaire. Même si les résultats s’améliorent sur le plan conjoncturel, on l’a vu avec les chiffres de croissance du premier trimestre, la BCE maintiendra son taux d’intérêt très bas pour une période très longue, le TLTRO jusqu’en juin 2016 et les achats d’actifs jusqu’en septembre 2016 au moins.

La stratégie de la BCE est de considérer que les changements de comportement de l’économie de la zone Euro et des investisseurs ne s’inscriront que dans la durée. Lire la suite