Les élections législatives françaises – 1er tour

Les élections législatives françaises vont donner au Président Macron une majorité absolue à l’Assemblée Nationale à l’issue du deuxième tour.  Il devrait disposer d’un nombre de sièges compris entre 400 et 455 sur les 577.
Plusieurs remarques
1 – Les français sont légitimistes et ont donné au président nouvellement élu les moyens de mettre en oeuvre la politique annoncée pendant la campagne. Ceci ne doit pas être une surprise, c’est une constante notamment depuis que les élections législatives suivent les élections présidentielles.  L’ampleur du gain possible de LREM au regard du nombre de députés est cependant un des plus forts depuis 1981 comme le montre le graphe ci-dessous. En 1993 la majorité conduite par Edouard Balladur, comme premier ministre, était plus importante. poids-majoriité
2 – Ce vote populaire et la majorité impressionnante qui en résulte donnent une légitimité indiscutable au nouveau président et en conséquence aux réformes qu’il souhaitera mettre en oeuvre.
3 – Cela vaudra notamment pour la mise en oeuvre de la réforme sur le marché du travail. Le gouvernement avancera dans la négociation avec une crédibilité liée au vote. Celui ci sera beaucoup plus représentatif et légitime que celui des syndicats en raison de son ampleur et de son caractère récent. Cela sera un atout majeur pour le gouvernement dans la gestion de cette réforme structurelle.
4 – Cet aspect légitimiste des français a été accentué par le fait que le nouveau président a eu un comportement international qui a ravivé le lustre de la France. L’affrontement avec Trump, avec Poutine ou encore l’amitié avec Merkel ont été perçu comme un élément fort de la politique française au cours du premier mois du mandat.
5 – Cette dimension internationale et la volonté de mettre en oeuvre des réformes structurelles peuvent redonner un poids à la France dans la construction d’une nouvelle architecture européenne.  La France donne des gages en se réformant afin de contribuer davantage à la dynamique européenne.
La dynamique de l’Europe serait aussi renforcée et améliorée et la France y aurait un rôle majeur.  C’est l’image qui peut ressortir du premier mois d’E.Macron à l’Elysée.
6 – Sur le plan financier cela veut dire que le risque français est plus réduit dans l’hypothèse où les réformes sont effectivement mises en place. L’enjeu véritable est là mais le Président Macron peut et doit profiter de cette lune de miel avec les français pour créer les ruptures nécessaires.
7 – La discussion de la légitimité du vote en raison de la forte abstention est intéressante à analyser.  C’est une question qui a été soulevée tout au long de la soirée électorale. Regardons les chiffres.
LREM et MoDem ont perdu 1.300 000 voix entre le premier tour des présidentielles et le premier tour des législatives soit environ -15%. Le FN a perdu 4 700 000 voix soit environ -61% , LR a perdu 2 300 000 voix soit -32% environ, LFI 3 900 000 voix soit environ -56% et le PS 140 000 voix soit environ -6%.
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C’est cette dynamique qu’il sera intéressant d’analyser.  L’ampleur de la victoire pour LREM est liée, non pas à une mobilisation exceptionnelle de ses supporters, mais à l’abstention de ceux qui, au premier tour des présidentielles, votaient « contre le système ».  Un vote équivalent à celui  du premier tour des présidentielles aurait provoqué un équilibre tout autre.
Finalement cela peut traduire d’une autre façon le caractère légitimiste des français.  Ceux qui s’étaient réfugiés dans le vote  contre au premier tour des présidentielles, dans un vote par défaut, acceptent le résultat présidentiel sans vouloir le contrecarrer.
8 – En résumé, le mandat donné au Président Macron par les français est de changer la dynamique de l’économie française et de l’inscrire dans un cadre européen renouvelé. Au président de mettre en oeuvre les réformes rapidement. Les ordonnances sur le marché du travail seront émises avant le 21 septembre comme indiqué par Edouard Philippe, car le gouvernement a la légitimité pour le faire. Cela donnera des gages à l’ensemble des partenaires européens de la France pour réformer, ensemble, la zone Euro afin de la rendre plus efficace.