La réforme du marché du travail. 

Le gouvernement français a proposé un programme de travail pour réformer le marché du travail. L’idée est de rendre compte de la diversité des situations qui caractérise désormais ce marché. Le monde est globalisé, les chocs technologiques sont majeurs et l’adaptation des firmes à ceux-ci sont très variées,  les formes d’entreprise sont très diverses, de la grande entreprise à la start up en passant par la TPE et les secteurs d’activité très différenciés. 
En d’autres termes, la concurrence n’est plus un concept uniforme et les entreprises sont soumises à des contraintes très différentes selon l’ensemble des éléments précités. L’idée d’avoir une loi globale et des modes de fonctionnement qui soient décentralisés a du sens. On a du mal à imaginer la possibilité de faire une loi pour tous avec les mêmes modes d’application. 

C’est le sens de la réforme du marché du travail proposée par Édouard Philippe et Muriel Penicaud. Elle modifie en profondeur les rapports de force dans l’entreprise puisque les négociations se feront à l’échelle de l’entreprise voire à celle de la branche. Cela fait moins d’uniformité et l’incapacité d’imaginer une même réaction collective à un événement ou à un choc. Le poids des syndicats va être fortement affecté. Il sera difficile pour un syndicat d’avoir une ligne unique dans ce cadre très divers. C’est comme cela que le rapport de force changera en profondeur. 

Cette désorganisation potentielle fait penser à ce que disait Adam Smith sur ce rapport de force entre un patronat peu nombreux et facile à organiser et des employés très nombreux et forcément plus difficiles à faire agir de façon collective. Ce phénomène est d’autant plus vrai que les intérêts des salariés sont dissociés d’une entreprise à l’autre. 
Adam Smith y voyait un avantage significatif pour le patronat. La mise en place d’une contrepartie en terme de formation doit permettre un rééquilibrage du rapport de force et une réduction de l’incertitude pour l’ensemble des salariés et des chômeurs. S’il n’y a pas de convergence vers une forme de flexicurité à la française alors l’efficacite de la réforme pourra être remise en question.