Une statistique sur les demandeurs d’emploi disparaît et c’est bien

Le gouvernement français a décidé de ne plus interpréter le chiffre mensuel des demandeurs d’emplois publié par la Dares pour le ministère du travail. C’est une très bonne idée car ce chiffre est très difficile à interpréter. 
Il est censé donner une image de l’évolution du marché du travail. Pourtant ce chiffre additionne des choux et des carottes et ne permet donc pas franchement d’avoir un diagnostic précis de l’état du marché du travail. 

En gros il y a deux types de données dans ce chiffre du ministère du travail. Les premières peuvent refléter l’évolution du marché du travail en tant que tel puisqu’il s’agit des fins de CDD, d’intérim ou encore des reprises d’emploi. Ces composantes ont du sens et donner un éclairage sur ce qui se passe.
Le deuxième type de données traduit des règles administratives de Pôle Emploi ou du ministère du travail.  Cela peut refléter des règles sur les radiations ou les absences de pointage. 

Chacun des deux types de mesure peut avoir du sens séparément mais les deux ensemble c’est trop. D’autant que chaque terme à des sous ensemble dont les évolutions ne sont pas toujours très simple à lire: des postes statistiques regroupent des éléments hétérogènes l’un avec l’autre. La lecture dès lors devient trop complexe pour avoir une vision claire du marché du travail. C’est l’addition des choux et des carottes. On ne sait jamais très bien l’origine du changement du nombre de demandeurs d’emplois que ce soit à la hausse ou à la baisse. 

L’Insee publie des chiffres du chômage et du taux de chômage tous les trimestres. Sa méthode est celle d’un sondage de grande ampleur. Il a l’avantage d’être cohérent en interrogeant les français sur leur situation. Cette approche est beaucoup plus fiable et cohérente dans le temps. En outre elle permet des comparaisons internationales sur des bases comparables ce que ne permet pas le chiffre de la Dares. 
Finalement le seul avantage du chiffre du ministère du travail, et ce qui en faisait un happening à chaque publication, était sa périodicité mensuelle. Le gouvernement pouvait soit vanter les mérites de sa politique si le nombres des inscrits à Pôle Emploi reculait  soit être la cible de tous les commentateurs  en cas de hausse puisqu’il était alors considèré comme incapable d’améliorer la situation de l’emploi. 
L’Insee ne publie qu’une fois par trimestre et ne provoque jamais ce happening. C’est dommage. En outre sur l’emploi on aimerait des données plus fréquentes car c’est aussi la situation de chacun d’entre nous qui s’y reflète.

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