3 points à noter sur la conjoncture en zone Euro et aux USA

L’inflation ralentit en zone Euro
L’inflation a baissé rapidement en mars puisqu’elle s’est inscrite à 1.5% contre 2% en février. Ce mouvement de repli s’observe au sein de tous les pays de la zone comme le suggère le graphe.
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On voit sur le graphe spécifique à la zone Euro que l’inflation sous-jacente recule également. C’est ce point qui a provoqué un repli plus important qu’attendu du taux d’inflation. Cela n’a pas été qu’un phénomène lié à l’énergie.
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L’énergie a eu un rôle non négligeable comme le montre le graphe suivant mais les services ralentissent aussi.
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L’inflation ne va pas accélérer de nouveau de façon spectaculaire car le prix du pétrole est désormais au voisinage de 50 dollars. On peut néanmoins avoir un ajustement à la hausse sur la partie sous-jacente après la forte chute de mars.
Cette dynamique je l’ai évoquée à de nombreuses reprises depuis l’été dernier (voir ici et ici par exemple). Le profil de l’inflation va revenir sur celui de l’inflation sous-jacente soit en dessous de 1%, probablement dès la fin du printemps.
On notera que l’inflation allemande est revenue vers 1.5%. Cela pèsera peu sur les élections contrairement à ce qui a souvent été évoqué.
La BCE est sur la même longueur d’ondes. Peter Praet a évoqué à plusieurs reprises ces derniers jours l’absence de pressions inflationnistes et le maintien de la politique monétaire accommodante. Il a aussi réfuté toute idée (rumeur de marché) de remontée des taux d’intérêt.

L’activité reste robuste dans le secteur manufacturier en zone Euro
L’indice du secteur manufacturier au sein de la zone Euro reste très robuste en mars.  Il s’est inscrit à 56.2 en mars. La moyenne de l’indicateur pour le premier trimestre 2017 est de 55.6 contre 54 au dernier trimestre 2016. L’activité manufacturière progresse à un rythme qui s’accélère. Comme on est dans le secteur manufacturier, cela signifie une hausse des échanges entre les pays de la zone et un support fort pour la croissance.
On notera dans le détail que l’Allemagne est très robuste mais que l’Irlande et l’Espagne ont une dynamique qui s’émousse. La Grèce est très en retrait. Les atermoiements sur la gestion de la dette grecque pèse sur l’économie et sur chaque citoyen.
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Au regard du profil des commandes, cette embellie devrait se traduire par une accélération de la production au cours des prochains mois.
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La consommation américaine est peu dynamique
La consommation des ménages progresse lentement aux USA. Sur les deux premiers mois, sa progression n’est que de 0.3% en taux annualisé contre 3.5% lors des trois derniers mois de l’année 2016. Cela peut être potentiellement le chiffre le plus faible depuis 2010.
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L’indice ISM du secteur manufacturier s’est replié à 57.2 contre 57.7 en février. Le secteur manufacturier est toujours très optimiste.
Mon souci est ici: l’économie ne va pas très vite comme le montrent les dépenses de consommation des ménages. En revanche l’optimisme est très fort. Je crains que les déception qu’il y aura sur la politique économique après l’échec du remplacement de l’Obamacare par le Trumpcare et les difficultés à mettre en oeuvre la baisse d’impôts tant promise par Trump ne créent les conditions d’un vrai coup d’arrêt de l’activité outre Atlantique.