Optimisme aux Etats-Unis – Ma chronique macroéconomique

4 points à retenir cette semaine pour suivre la conjoncture

Point #1Les PME américaines sont très optimistes – Les ménages aussi
L’arrivée du nouveau président américain met en joie les dirigeants des PME aux USA. L’indice d’optimisme calculé par le NFIB est au plus haut depuis 2004. La rupture observée sur le graphe est spectaculaire. 
Cela ne reflète pas une hausse rapide des commandes ou une brutale progression de l’activité, c’est simplement la perception de l’environnement. Parmi les composantes fortes de cette rupture il y a la baisse de la fiscalité des entreprises. Le taux de l’IS devrait passer de 35% à 15% et ce sont les entreprises domestiques qui en profiteront le plus. Les grandes entreprises, notamment les entreprises cotées, n’y seront pas ou peu sensible car leur fiscalité s’optimise plus facilement que pour une PME.
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L’indice de l’Université du Michigan est aussi orienté à la hausse en décembre 2016 et en janvier 2017. Les ménages sont optimistes. L’indice est très au-dessus de sa moyenne de long terme. Cela peut être un support fort pour la croissance au début 2017, le sentiment que cela va aller mieux. Voir sur ce point le papier de Marin Sandbu dans le FT
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Point #2
Les ventes de détail aux USA progressent sensiblement au dernier trimestre
Cependant le détail n’est pas aussi robuste.
L’ensemble des ventes de détail est en progression de 0.6% en décembre et de 6.7%, en taux annualisé, au cours des trois derniers mois de l’année. Cependant les dépenses en essence ont augmenté de 22.8% au cours du trimestre après la hausse du prix de l’essence. Les ventes d’automobiles sont aussi en hausse sensible (+12.2%).
Dès lors si l’on retire les données volatiles, la progression n’est que de 3.6% au 4ème trimestre après 1.1% au troisième trimestre et 6.9% au cours du printemps. C’est surtout le profil qui est fragile puisque les dépenses non volatiles n’augmentent que de 0.2% en décembre après 0% en novembre et 0.6% en octobre. Le bon chiffre du T4 dans le graphe reflète ainsi le bon départ du mois d’octobre et pas plus.
Les chiffres les plus récents ne montrent pas une envie de dépenser très forte du côté des ménages américains. De la sorte, la contribution de la consommation des ménages dans la croissance du PIB du T4 sera solide, probablement autour de 1.6-1.8%. Cela limite le risque sur la croissance du T4
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Point #3Bonne allure de la production industrielle en fin d’année en zone Euro
J’avais évoqué cette question la semaine dernière à propos de la France (voir ici), elle se généralise pour les pays européens et le Japon. C’est moins vrai pour les USA et le Royaume Uni.
Pour la zone Euro (5%), la France (4.9%), l’Espagne (3.5%) ou encore l’Allemagne et l’Italie (2.6%), l’acquis de croissance est robuste et sera un support fort pour une croissance d’au moins 0.4% (non annualisé) au cours des 3 derniers mois de l’année.
Le profil est robuste aussi au Japon avec un acquis à fin novembre de 7.7%. Cela donne la perception d’un changement de régime au Japon après la longue baisse de janvier 2015 jusqu’en juillet 2016.
La dynamique est plus chaotique au Royaume Uni (-0.3% d’acquis) et peu vive aux USA (-1.5% d’acquis)
Il y a donc un rattrapage pour les pays de la zone Euro qui me conforte dans l’idée d’une possible accélération, au delà des attentes pour 2017 (voir ce que je disais la semaine dernière
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Point #4Le taux de chômage de la zone Euro s’inscrit à 9.8% en novembre
En phase avec la hausse de l’activité, le taux de chômage recule dans tous les pays de la zone Euro à l’exception de l’Italie. Cela traduit la faible croissance italienne et certainement l’essoufflement (rapide) des effets de la réforme du marché du travail mise en oeuvre par Matteo Renzi.
La croissance n’est pas encore suffisamment forte et pas suffisamment riche en emplois pour que la BCE relâche sa stratégie. On ne peut pas se satisfaire d’un niveau de chômage aussi élevé et la croissance n’est pas encore suffisamment autonome pour tolérer des hausses de taux d’intérêt ou même simplement des anticipations de hausse de taux.
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La semaine qui s’ouvre sera marquée par 3 éléments majeurs
La réunion de la BCE le 19 – Aucune décision n’est attendue mais il est probable que lors de la conférence de presse la question du tapering va être pressante. Je pense sur ce point que Mario Draghi ne donnera pas d’information car ce n’est pas d’actualité mais les marchés financiers ont besoin d’un os à ronger
Il y aura aussi le 17 janvier une intervention très attendue de Theresa May sur la mise en oeuvre du Brexit. Le Brexit « dur » semble de plus en plus probable d’autant que D.Trump a souhaité la mise en oeuvre d’un accord commercial rapide avec le Royaume Uni. Les liens entre le Royaume Uni et l’Union Européenne semblent se rompre définitivement.
Le 20 janvier il y aura l’inauguration du mandat présidentiel de D.Trump aux USA. La situation va enfin s’éclaircir sur les mesures qui pourront enfin être prises par le nouveau gouvernement. Cela réduira l’incertitude lié à l’attente mais pas forcément l’incertitude résultant des mesures qui seront prises.

Bonne semaine

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