IS-LM et la macroéconomie moderne

Marin Anota, dont j’ai déjà parlé, a eu la très bonne idée de traduire en français deux posts de Paul Krugman sur le modèle ISLM. Cette représentation stylisée de l’économie est probablement la meilleure façon de comprendre les enjeux du moment sur le plan des ajustements macroéconomiques et de la politique économique.
Elle est l’idée que se faisait John R.Hicks en 1937 (voir ici)  de la théorie de Keynes dans la Théorie Générale (voir ici).  La courbe IS représente l’équilibre de la demande de biens et la courbe LM traduit l’équilibre monétaire. Le croisement des deux courbes définit l’équilibre.
Paul Krugman est, à juste titre, un défenseur de l’approche keynésienne et son interprétation du modèle permet de mieux comprendre des enjeux macroéconomiques récents comme la stagnation séculaire.

IS-LM et la macroéconomie moderne

Par Annotations le mercredi 6 juillet 2016, 16:00 – Epistémologie et histoire de la pensée – « Beaucoup de lecteurs (…) ont demandé une explication du modèle IS-LM. (…)

Rappelons qu’IS-LM fait référence à la relation entre l’investissement (I) et l’épargne (S), ainsi qu’à la relation entre la liquidité (L) et la monnaie (M) (…). La première chose que vous devez savoir est qu’il y a plusieurs manières correctes d’expliquer le modèle IS-LM, parce qu’il s’agit d’un modèle mettant en interaction plusieurs marchés et vous pouvez ainsi y entrer via différents angles ; chacun d’entre eux peut constituer un bon point de départ.

Mon approche favorite consiste à considérer IS-LM comme une manière de réconcilier deux approches à première vue incompatibles à propos de la détermination des taux d’intérêt. Selon l’une d’entre elles, le taux d’intérêt est déterminé par l’offre et la demande de fonds prêtables, de capitaux : c’est l’approche par les « fonds prêtables ». Selon la seconde, le taux d’intérêt est déterminé par l’arbitrage entre les obligations, qui rapportent des intérêts à leur détenteur, et la monnaie, qui n’en rapporte pas, mais qui peut être utile pour réaliser des transactions et elle a par conséquent une valeur spéciale en raison de sa liquidité : c’est l’approche par la « préférence pour la liquidité ». (Certes, des choses proches de la monnaie rapportent des intérêts, mais pas autant que les actifs les moins liquides.)

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