Croissance à 1.5% en Zone Euro – Ma chronique macroéconomique

5 points à retenir cette semaine pour comprendre la macroéconomie(sur les turbulences financières voir ici)

Point #1La croissance de la zone Euro à 1.5% en 2015
La hausse de 0.3% (1.1 % en taux annualisé) du PIB au dernier trimestre de 2015 permet à la zone Euro de connaitre une hausse de son activité de 1.5% après 0.9% en 2014. L’acquis pour 2016 à la fin 2015 est de 0.4% comme celui constaté fin 2014 pour 2015. On ne dispose pas encore du détail du chiffre.
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Dans le détail par pays, la hausse de l’activité a été de 0.3% (non annualisé) en Allemagne, de 0.2% en France (publié il y a deux semaines), de 0.1% seulement en Italie (rappelez vous le retournement des indices de confiance sur la fin 2015 voir ici) alors que l’économie espagnole a progressé de 0.8%.
Pour l’ensemble de l’année 2015, la croissance a été de 1.45% en Allemagne, de 1.1% en France, de 0.6% en Italie et de 3.2% en Espagne.  L’économie espagnole rebondit mais celle de l’Italie ne croit qu’à un rythme très lent (rappelons qu’avant la crise la croissance italienne n’était en tendance que de 1.1%. On ne peut pas spontanément attendre un chiffre très fort). Dans le peu de détail disponible, la demande interne a été robuste en Allemagne (effet des dépenses publiques notamment) et le commerce extérieur a pesé sur la croissance alors qu’en Italie la demande interne a miné l’activité alors que le commerce extérieur a eu un impact favorable.
En Grèce l’activité a reculé au dernier trimestre et s’inscrit en recul de -0.7% sur l’ensemble de l’année. On est très loin des chiffres catastrophiques qui avaient été annoncé lors de la signature de l’accord au début du mois de juillet.
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La zone Euro sort de sa longue période de croissance médiocre qui l’avait ramenée au dernier trimestre de 2014 et après une longue récession de la mi 2011 à la fin 2012, au même niveau qu’au premier trimestre 2011. L’année 2015 permet de s’en échapper et 2016 devrait le confirmer. La croissance restera néanmoins en dessous de 2% qui était la moyenne constatée avant la crise. Le mouvement manque de puissance d’où la nécessité d’une politique budgétaire pour caler l’économie sur une trajectoire plus élevée.

Point #2La PIB japonais en hausse de +0.5% en 2015
Depuis la hausse de la TVA en avril 2014, le PIB japonais est sur une tendance horizontale. C’est ce que montre le graphique ci-dessous. Ce graphe reflète la difficulté avec laquelle l’économie japonaise tente de retrouver une dynamique positive. Les Abenomics ne sont guère un succès si l’on observe le profil de l’activité. Une activité aussi lente pose toujours la question de l’arbitrage entre ceux qui travaillent et ceux qui sont à la retraite, surtout lorsque la population active diminue. Comment garantir la retraite des vieux tout en incitant la population active à travailler ardemment.  Cela crée forcément un problème d’incitations et c’est pourquoi les jeunes diplômés sont très bien payés mais que la classe moyenne est pénalisée.
L’acquis à la fin 2015 pour 2016 est négatif à -0.2%. La croissance 2016 part avec un handicap. A la fin de 2014 l’acquis était de -0.4%.
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La décomposition par contribution à la croissance trimestrielle montre que depuis la hausse de la TVA la consommation des ménages est pénalisante pour l’expansion de l’activité. L’investissement a une allure médiocre et n’est pas un support fort à l’activité. Les finances publiques ont un impact limité alors que le commerce extérieur est pénalisé par le fait que le commerce mondial suit une dynamique réduite et parce que les échanges avec la Chine sont moins robustes que par le passé. Sa contribution est en conséquence très réduite en tendance.
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Pour visualiser correctement l’impact de la hausse de la TVA, le graphe de la consommation est très explicite. La hausse de la TVA a engendré une accélération de l’inflation et une perte spectaculaire de pouvoir d’achat pour les ménages.
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Point #3Yellen hésite toujours et son propos au Congrès suggère que les conditions qui avaient prévalu en décembre lors de la hausse des taux d’intérêt de la Fed ne sont plus réunies.
On ne peut plus faire l’hypothèse que le cycle économique est de retour convergeant vers une allure normale. Le doute s’accroit sur les hausses de taux à venir.

Point #4Les ventes de détail aux USA rebondissent modérément en Janvier
Les ventes de détail aux USA se sont reprises en janvier. Ce n’est pas encore spectaculaire néanmoins. Les commentaires un peu excessif que l’on a pu lire doivent tenir compte du fait que le prix de l’essence est très bas et que la part de l’essence dans les dépenses des ménages est encore plus bas qu’en décembre. Ce n’est donc pas une performance spectaculaire.
Sur le mois pour la mesure de contrôle utilisée pour le calcul de la consommation des ménages la progression est de 0.37% en janvier après 0 en décembre. L’acquis pour le premier trimestre à fin janvier est de 2.1% (taux annuel) à comparer au chiffre de 2.6% au dernier trimestre de 2015.
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Le poids de l’essence se replie encore
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Et le prix de l’essence est très bas car aux USA il suit parfaitement le prix du pétrole. Si le pétrole se stabilise à 30 dollars il n’y a plus beaucoup à gagner et l’effet de la baisse du prix de l’or noir sur le prix de l’essence se dissipera même si le prix de l’essence reste très bas.
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Point #5 Le commerce extérieur chinois continue de se dégrader
Le solde des échanges de la Chine s’est à nouveau accru. En Janvier le montant est excédentaire de 63.3 Mds de dollars et sur 12 mois le chiffre cumulé est au niveau record de 605 Milliards
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Cela reflète principalement le fait que les importations se contractent à un rythme plus rapide que les exportations. La Chine n’est clairement plus la locomotive de l’économie globale.
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Pour la semaine à venir
On suivra particulièrement les indicateurs manufacturiers et industriels aux USA. La production industrielle et le taux d’utilisation des capacités pour janvier seront publiés mercredi. On aura mardi l’indice de la Fed de New York (Empire State) et jeudi celui de la Fed de Philadelphie.
On aura toujours aux USA l’indice des constructeurs de maisons (NAHB) mardi et les mises en chantier mercredi. Vendredi il y aura l’indice des prix (CPI) pour janvier.
Mardi, premier indice de conjoncture de février: le ZEW en Allemagne
La semaine sera anglaise avec l’inflation (mardi), l’emploi (mercredi) et es ventes de détail (vendredi)
Jeudi matin il y aura l’inflation chinoise

Bonne semaine à tous

 

 

 

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