Dynamique conjoncturelle en zone Euro et en France

Ce matin l’INSEE et Markit publiaient leurs enquêtes du mois d’Avril.

Les indices se sont plutôt stabilisés en avril après une progression quasi continue depuis novembre.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce phénomènes:

  • le remontée du prix de l’énergie avec un pétrole au-dessus de 60 dollars. Le facteur très favorable de l’automne s’est inversé de façon probablement temporaire
  • Des tensions géopolitiques significatives qui préoccupent et qui créent de l’incertitude.
    Ces facteurs se traduisent par une pause dans la reprise.
  • Je ne crois pas à un retournement sinon les chefs d’entreprise ne continueraient pas à avoir une perception positive du marché du travail en souhaitant embaucher davantage.

Les 8 graphes détaillés

Pour la zone Euro
(L’enquête Markit est l’estimation avancée avec le détail seulement pour la zone Euro, l’Allemagne et la France)
Le premier est celui reliant l’indice synthétique de l’enquête Markit et le PIB. Même si l’indice en avril s’est stabilisé au niveau du mois de mars, il n’y a pas de retour en arrière. La dynamique se prolonge et le point du mois d’avril (52.8) est bien supérieur à la moyenne du premier trimestre (52.2), elle même plus élevée que celle des 3 derniers mois de 2014 (50.1). Le processus de reprise continue Lire la suite

La dette chinoise – Un risque fort sur la croissance

Verbatim de ma chronique du jour

La dynamique de l’économie chinoise est plus fragile. Cela a pu être observé dans le chiffre de croissance du premier trimestre à +5.3% en taux annualisé par rapport aux trois derniers mois de 2014. C’est le chiffre le plus faible depuis le début de la publication de ces statistiques trimestrielles au 4ème trimestre 2010. Cette fragilité est confirmée dans l’indicateur de court terme qu’est l’enquête Markit/HSBC dans le secteur manufacturier. L’indice s’est inscrit en avril à 49.2 au plus bas sur un an. L’activité se contracte à un rythme modéré.

Ce ralentissement de l’activité met en exergue les risques associés à un endettement qui a progressé très rapidement en Chine au cours des dernières années et qui aujourd’hui est une contrainte forte pour cette économie. Ce n’est d’ailleurs pas forcément le niveau d’endettement qui est le plus problématique que le mode de fonctionnement de l’économie chinoise qui y a conduit.

Pour fixer les idées, selon un rapport récent de McKinsey, la dette totale rapportée au PIB a connu une accélération après 2007 c’est à dire après la crise Lehman lorsque le gouvernement chinois met en place des moyens pour soutenir l’activité. En 2000, cette dette totale représente 121% du PIB, elle est de 158% en 2007 et de 282% en 2014 (2ème trimestre). La répartition de cette dette en 2014 est la suivante : la part des entreprises non financières est de 125%, celle des entreprises financières de 65%, celle du gouvernement de 55% et les ménages ont une dette qui ne représente que 38% du PIB.
DetteChinoise-McKinseyLe point particulier est la part considérable des entreprises non financières. Lire la suite

La question budgétaire en zone Euro n’est pas réglée

Verbatim de ma chronique du jour

La lecture rapide de la note d’Eurostat sur l’évolution des finances publiques au sein de la zone Euro suggère que la réduction des déficits publics est enfin en marche et que la stabilisation des dettes publiques est proche. Le déficit public au sein de la zone euro est passé de 2.9% du PIB à 2.4% de 2013 à 2014. La commission européenne tiendrait enfin son succès avec une zone euro qui deviendrait vraiment vertueuse.

On peut avoir quelques doutes sur cette question

Le premier est que la croissance est restée modeste. La croissance nominale a été de 1.8% soit grossièrement 0.9% de volume et 0.9% d’évolution des prix. Mais avec des trajectoires peu homogènes durant l’année. Si la croissance en volume s’est accélérée notamment via la consommation c’est en grande partie en raison de la baisse du prix de l’énergie. En revanche, l’évolution des prix à la consommation a eu tendance à se réduire même lorsque l’on enlève les prix de l’énergie. La question de la déflation reste prégnante ce qui suggère que la réduction du déficit n’a pas résolue les déséquilibres de la zone

La seconde remarque est que parmi les grands pays, seule l’Allemagne a connu une franche amélioration de ses finances publiques. Lire la suite

Ma chronique du 20 avril

Verbatim de ma chronique hebdo

Plusieurs éléments importants cette semaine

Le premier est le ralentissement de la croissance chinoise au 1er trimestre.
Le PIB n’a progressé que de 7% sur un an contre 7.3% au dernier trimestre 2014. Mais c’est l’évolution sur les 3 premiers mois qui retient l’attention avec une hausse de simplement 5.3% en taux annualisé contre 6.1% sur les 3 derniers mois de l’an dernier. C’est le chiffre le plus faible depuis que la série trimestrielle est publiée au 4ème trimestre 2010.
Chine-2015-T1-PIBOn constate une inflexion significative des composantes de l’activité. Lire la suite