Le choc brutal et violent sur l’activité en Grèce

La crise grecque, faite d’incertitudes fortes quant au devenir de la Grèce au sein de l’Europe mais aussi de contraintes majeures avec la fermeture des banques, s’est traduite par une baisse profonde de l’activité en juillet.
L’enquête Markit pour le mois de juillet montre une chute sans précédent de l’activité manufacturière. Le niveau de l’indicateur (30.2) est au plus bas historique. La récession de 5 ans va donc se prolonger. La rupture est bien plus marquée que lors de la récession de 2008/2009.C’est ce que l’on voit sur le graphe ci-dessous. L’impact sur le profil du PIB va être absolument spectaculaire. Lire la suite

Le graphe qui m’inquiète beaucoup – Partie 2

Dans un post récent, je m’inquiétais de la tendance médiocre du commerce mondial depuis 2011 et de sa récente inflexion puisque de décembre 2014 à mai 2015 il recule de 8% en taux annualisé.
L’absence de rebond des échanges mondiaux traduit une succession de chocs négatifs sur l’économie globale qui a annihilé toute velléité de reprise durable.
Avant d’évoquer ces points, on peut visualiser le graphe du commerce mondial en niveau et non plus en variation comme je le montrais dans le post précédent.
On voit 3 phases:

  • De 2002 à 2008, période durant laquelle la progression des échanges est vive (j’ai pris comme point de départ janvier 2002 car l’adhésion de la Chine à l’OMC est datée de décembre 2001)
  • La phase liée à la crise avec la rupture de la fin 2008 et le rebond constaté à partir de la mi-2009. C’est sur cette partie que l’on constate un rattrapage très fort dans le graphe du post précédent. Ce rattrapage ne fait que traduire la violence de la chute de 2008.
    On observe, cependant, que jamais l’indice du commerce mondial ne revient sur la tendance observée avant 2008. On peut le faire de façon formelle mais il suffit de tirer une droite sur la période 2002 – été 2008 et de la prolonger pour constater ce phénomène.
  • La troisième phase est celle d’après 2011 durant laquelle la pente des échanges est très faible. Depuis le début 2015, l’indicateur s’infléchit de façon significative.

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Le graphe qui m’inquiète beaucoup

Le profil des échanges mondiaux en volume m’inquiète beaucoup. Sur un an, au mois de mai 2015, sa progression n’est que de 0.4%.
Pour l’ensemble du premier trimestre, par rapport aux 3 derniers mois de 2014, les échanges ralentissaient déjà franchement avec un repli de -5.1% en taux annualisé. L’acquis pour le 2ème trimestre est de -4.25% à la fin mai. C’est aussi inquiétant.

Cette situation médiocre du commerce mondiale n’est pas nouvelle puisque depuis la fin de l’été 2011 sa progression n’est plus dans la bande bleue du graphe (croissance moyenne de 1992 à 2007 +/- un écart type). Par le passé, un choc, marqué via les cercles rouges, n’avait qu’un effet temporaire sur le commerce mondial. Celui ci convergeait alors vers un profil cyclique avec d’abord un fort rattrapage puis une normalisation dans la bande bleue. Ce n’est plus le cas du tout. Après la reprise violente de 2009/2010, les échanges ont chuté de façon spectaculaire. On ne peut pas exclure que le coup de frein (Politique d’austérité) mis en place par les autorités européennes ne soit pas une source majeure de freinage en plongeant la zone Euro dans une longue récession (de l’été 2011 à la fin 2013) Lire la suite

La croissance chinoise décomposée.  

Juste un graphe sur la décomposition de la croissance en Chine.

  Quatre remarques

  • La contribution du secteur manufacturier est médiocre. Ce n’est plus le fer de lance de la croissance chinoise contrairement à ce qui était observé avant 2011.
  • L’immobilier a un poids réduit. Il n’a plus non plus le même apport que par le passé.
  • Les services sont désormais le support majeur de la croissance. Cela reflète le changement du modèle de croissance.
  • La finance a une contribution en forte hausse mais cela traduit principalement la bulle constatée sur le marché des actions. Ne doutons pas, qu’après l’intervention énergique des autorités chinoises pour réguler ce marché, la contribution de la finance chutera de façon spectaculaire.

La croissance chinoise a été portée récemment par l’explosion de son secteur financier.  La mise en bon ordre de ce marché après l’éclatement de la bulle va se traduire par une contribution beaucoup plus réduite de ce secteur et donc une hausse globale de l’activité nettement moins rapide je ce qui a été observé ces derniers mois.

La Chine cherche à retrouver une croissance dynamique mais elle ne trouve pour l’instant que des pis-aller. Une bulle financière, après un excès d’endettement, n’est pas la meilleure source d’une croissance durable.