OXI disent les grecs

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Avec un peu plus de 60% des votes, le « non » l’a largement emporté lors du référendum en Grèce tenu le 5 juillet.
Alexis Tsipras, qui avait claqué la porte des négociations le vendredi 26 juin, a renforcé son poids en Grèce puisqu’il avait appelé à voter « non » aux réformes et contraintes proposées par le la troïka. Le grand vainqueur du référendum c’est lui.

La difficulté maintenant va être de revenir dans la négociation avec la troïka, mais avec un rapport de force qui n’est plus du tout le même. En d’autres termes, les négociations, si elles reprennent, prendront en compte le résultat du référendum. Si la troïka suggère que les termes qui avaient été validés doivent être repris au début des nouvelles négociations alors il y aura un désaccord immédiat puisque les grecs souhaitent d’abord intégrer la réduction de la dette dans la négociation (et pas simplement une restructuration comme suggéré par la troïka).
Le refus de la Grèce de participer à la négociation dans ces conditions pourrait forcer sa mise à l’écart ou forcer la troïka à revoir ses conditions pour ne pas prendre le risque d’une sortie de la Grèce. C’est ce dernier point qui est exposé systématiquement par Alexis Tsipras qui a indiqué, tout au long de la semaine, qu’un vote négatif serait un moyen de forcer le passage.
La troïka peut ne pas rentrer dans ce jeu et indiquer, comme l’a fait la semaine dernière Sigmar Gabriel le vice chancelier allemand, qu’un « non » massif poussait la Grèce vers la sortie de la zone. Lire la suite

Instabilité à venir en Grèce ?

La situation va rester complexe en Grèce quelque soit l’issue du référendum. 

Les sondages pré-referendum montrent une bataille à couteaux tirées entre les deux options. Le vainqueur n’aura probablement qu’une avance minime qui ne permettra pas de trancher fortement. Ceci étant en démocratie il suffit d’une voix supplémentaire pour l’emporter. 

Mais la situation est plus complexe car le détail des sondages montrent une opposition très claire entre les plus de 55 ans majoritairement en faveur du oui et les moins de 55 ans favorables au non. En d’autres termes, la victoire réduite d’un camp sur l’autre ne résoudra pas cette question entre les générations. Les uns espèrent conserver ce qu’ils ont et les autres veulent se créer un avenir. 

 

source: @YiannisBab

 
La victoire du oui n’instaurerait pas nécessairement de la stabilité politique. D’abord parce que comme le rappelle Hugh Dixon le parti arrivant en tête a une prime de 50 sièges. Ce pourrait être Syriza car les les autres partis sont potentiellement plus petits et ne veulent pas faire alliance. (Voir l’article de Dixon). En d’autres termes, même si le oui l’emporte il n’y aura pas spontanément de la stabilité politique. Comment alors négocier avec la troïka sans gouvernement stable?
En outre comme le suggère cet article du Guardian l’impact des événements de cette semaine,  avec de nombreuses restrictions (banque, nourriture, médicaments), aura une forte persistance. Le choc sur l’économie a été fort et brutal et se traduira par un retour de la récession alors que les signaux étaient plus positifs sur l’activité et l’emploi en fin d’année dernière. 

La longue période de récession a déconstruit la société grecque. Les questions économiques devront être réglées mais les oppositions sont toujours très fortes. Il ne faudrait pas que la société grecque bascule dans un chaos supplémentaire. 

  

Grèce – Les dés sont jetés

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Les dés sont jetés.
La date limite pour les négociations entre le gouvernement grec et la troïka (FMI, Union Européenne, BCE) est passée mais aussi la Grèce n’a pas remboursé le montant de 1.6 Mds d’euros au FMI.
Pourtant, hier, un ultime volte-face, une ultime proposition de la part du gouvernement grec à la troïka a provoqué une réunion téléphonique sans succès de l’Eurogroup. Dans le même temps, l’appel du pied pour un report supplémentaire de l’échéance du FMI est resté lettre morte.
On relèvera que l’Union Européenne n’est pas restée inactive et a proposé la possibilité d’une renégociation de la dette grecque à partir d’octobre prochain (il ne s’agit pas de réduction comme souhaité par le gouvernement grec). Cette proposition, qui a provoqué celle en retour du gouvernement grec, n’était pas tenable car il n’y avait pas de réduction de la dette et obligeait Alexis Tsipras a appelé à voter « oui » au référendum de dimanche prochain contrairement à ce qu’il avait annoncé précédemment.
En outre, un émissaire grec indiquait que le référendum faisait partie de la stratégie de négociation et qu’un « non » massif obligerait la troïka à revoir sa copie si l’objectif était d’éviter la sortie de la Grèce de la zone Euro. Sur ce point, les propos ont évolué. Benoit Coeuré, de la BCE, a indiqué que cette possibilité n’était plus à exclure et Sigmar Gabriel, le vice-chancelier allemand, a indiqué lundi qu’un « non » massif ouvrait la porte à un Grexit.

L’horizon immédiat est désormais celui du référendum de dimanche prochain. Lire la suite